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Je ne sais pas choisir

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Je lis, tu lis, ...

Entre les murs : j'abandonne

Par ju - Je lis, tu lis, ... - lundi 15 octobre 2007


Ca n'est pas dans mes habitudes d'abandonner un livre avant la fin. Même si je dois le traîner pendant trois mois dans mon sac, même s'il m'empêche de commencer un autre bouquin, même s'il me pèse, ... je ne laisse *JAMAIS* tomber. Même que là, en tapant mon billet, je culpabilise et je me dis que je vais peut-être donner une dernière chance à François Bégaudeau.

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Mais quand même ! Qu' "Entre les murs" ait reçu le prix France Culture-Télérama 2006, ça me laisse perplexe. A moins qu'il n'y ait une sorte de message là-dedans, un peu comme quand on donne la Palme d'Or à Michael Moore : c'est moins bien qu'un vrai beau grand film mais on salue le message d'amour / de paix / etc.

Ici c'est pareil, c'est moins bien qu'un vrai beau grand livre mais ça parle des banlieues, des difficultés à être prof, blablabla (bla). Si c'était le but, j'aurais plutôt choisi L'école de la dernière chance, de ma copine Cypora (peu de gens le savent, mais avant d'être un livre, c'était un blog).

Comme pour L'élégance du hérisson, je vous fais part d'un petit extrait (pages 86-87) du roman incriminé, pour que vous vous fassiez votre opinion :

"- J'apprends que tu vas te plaindre de moi au CPE, bravo, merci pour tout.
Elle a bégayé fautif.
- Eh ben oui quoi ?
- Tu pouvais pas venir t'expliquer directement avec moi ?
- C'est parce que vous nous avez insultées de pétasses.
- D'abord je vous ai pas insultées de pétasses comme tu dis, et ensuite la moindre des choses c'est d'abord de venir me voir pour qu'on s'explique.
- Nous quand les profs ils se plaignent ils vont voir le CPE, j'vois pas pourquoi on irait pas l'voir quand vous faites des choses pas bien.
- Eh ben non, c'est pas si logique comme raisonnement. Ca marche pas forcément dans les deux sens, figure-toi.
J'avais très nettement haussé le ton. Un groupe s'est formé autour de nous, où figurait Soumaya qui laissait Sandra essuyer seule mes tirs.
- C'est normal que nous aussi on fait ça quand on est pas contents, sinon c'est trop facile.
- Et qu'est-ce que t'en attendais ?
- Quoi ?
- En allant voir le CPE, vous attendiez quoi ? Qu'il me punisse ?
- Non. J'sais pas.
- Vous attendiez quoi ?
- Rien, c'était pour le dire c'est tout.
- Vous attendiez qu'il me punisse ?"

Quasiment tout le livre est comme ça, et les dialogues à répétition ainsi que la pseudo-caricature du parler des jeunes de banlieue, ça va deux minutes, mais pendant 290 pages, c'est trop pour moi. Donc je pense que je peux officiellement vous annoncer que, pour la première fois ou presque de ma vie, je remets un livre dans ma bibliothèque sans l'avoir lu en entier...


Prochaine étape : Cendrillon !

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Après une lecture quelque peu fastidieuse, je suis arrivée au bout de L'élégance du Hérisson de Muriel Barbery.

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Pour commencer, je dois avouer que j'ai pleuré à la fin (un peu seulement, je suis une femme forte), et un livre qui me fait pleurer ne peut pas être foncièrement mauvais. Les larmes, ça veut dire que je me suis attachée aux personnages, que je suis rentrée dans l'histoire, et c'est déjà pas mal.

J'avoue pourtant avoir du mal à comprendre l'engouement populaire suscité par ce roman. La lecture n'en est pas particulièrement aisée. A titre d'exemple, je vous cite un court passage, assez représentatif du reste du livre :

"le sens, c'est encore de la pulsion, c'est même la pulsion portée à son plus haut degré d'accomplissement en ce qu'elle utilise le moyen le plus performant, la compréhension, pour parvenir à ses fins. Car cette quête de sens et de beauté n'est pas le signe d'une nature altière de l'homme qui, échappant à son animalité, trouverait dans les lumières de l'esprit la justification de son être : c'est une arme aiguisée au service d'une fin matérielle et triviale. Et lorsque l'arme se prend elle-même pour objet, c'est une simple conséquence de ce câblage neuronal spécifique qui nous distingue des autres animaux et, en nous permettant de survivre par ce moyen performant, l'intelligence, nous offre aussi la possibilité de la complexité sans fondement, de la pensée sans utilité, de la beauté sans fonction. C'est comme un bug, une conséquence sans conséquence de la subtilité de notre cortex, une déviance superfétatoire utilisant en pure perte des moyens disponibles." (page 269)

On sent la prof de philo derrière et il faut s'accrocher pour comprendre. Heureusement, tout le livre n'est pas comme ça. Il y a pas mal de passages amusants et l'histoire prend le dessus sur le style pompeux. Je dois aussi confesser que l'aspect "je suis concierge, donc pauvre, mais vraiment intelligente et cultivée" a flatté mon égo de provinciale issue de classe moyenne.

La prochaine lecture prévue était Cendrillon, mais en raison d'un manque de place dans la valise, j'ai commencé Entre les murs, de François Bégaudeau.

Edit : je me rends compte que j'ai été un peu dure, dans ce billet, et que beaucoup ont eu l'impression que je n'avais pas aimé. Au contraire : j'ai aimé ce livre, mais le fait qu'il soit si compliqué, à certains endroits, m'a tellement surprise (vu son succès, je m'attendais à quelque chose de plus "facile") que j'ai surtout mis l'accent sur ça. Je crois qu'en fait, il y a plusieurs niveaux de lecture dans ce roman, et j'ai l'impression d'en être restée au premier, de ne pas avoir su en retirer tout ce que j'aurais pu y trouver, car certains chapitres étaient vraiment complexes.
 
J'aurais dû ajouter que la qualité de l'écriture et l'humour omniprésent m'avaient beaucoup touchée et impressionnée.


Avec mes anciennes collègues de chez Gallimard, une question lancinante revenait chaque semaine, à l'annonce des meilleures ventes de livres : comment L'élégance du hérisson pouvait-il être, des mois après sa parution, en tête des meilleures ventes de livres ? Je réitère ici ma question, alors que les ouvrages de la rentrée littéraire ont fait leur apparition sur les étals des libraires : quelqu'un peut-il m'expliquer ceci ? :

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Où sont passés Amélie Nothomb, Eric Reinhardt et Olivier Adam ?
Je l'avoue : le classement Livres Hebdo de la semaine dernière indique qu'Amélie est passée en deuxième position, et que Muriel est quatrième. Mais l'intérêt de cette problématique excuse ma mauvaise foi évidente (non ?). Je rappelle tout de même que le livre dont nous parlons est sorti en août 2006.

Pour tenter de percer ce mystère, ma prochaine lecture sera donc cette fameuse Elégance du hérisson. Nous verrons alors si l'incroyable bouche à oreille dont elle a bénéficié en valait la peine ou non.

Pour info, je termine actuellement mon mémoire, il se peut que je prenne du retard dans ma lecture. Mais compte tenu du rythme des réimpressions, je pense que j'ai un peu de temps devant moi, avant que la bête ne sorte du top des ventes.

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