Ce n'est un secret pour personne,
Gaëtan aime les
brocantes. Il aime fouiller, négocier, feindre le désintérêt pour mieux s'emparer d'un objet. Une vraie tradition familiale, puisque quand je ne suis pas à Paris, le Gadupapa se fait un plaisir d'accompagner son fiston à
Pétaouchnok pour dénicher la bonne affaire. Quand je reviens, je retrouve d'étranges bandes dessinées ou de vieilles machines à écrire posées sur notre table Ikea, transformée pour l'occasion en atelier de nettoyage et/ou de réparation. Si pour l'instant, nous sommes un peu à l'étroit dans notre appart', on se constitue une jolie petit collec', bien utile pour décorer notre
futur chez-nous (mais n'y pensons pas,
ce n'est pas pour tout de suite).
A force de le suivre, j'y ai pris goût moi aussi, même si je le vis différemment. Lui commence toujours par râler dans ses moustaches, en disant qu'il n'y a que des professionnels (comprendre des brocanteurs pros, qui connaissent le prix de ce qu'ils vendent et auprès de qui il sera donc difficile de faire de vraies bonnes affaires). Moi, je suis plus naïve, donc je réponds systématiquement "Ah bon ?", puis je m'arrange pour trouver le seul stand non-pro de la brocante, juste pour lui prouver qu'il se trompe (je suis chiante). On finit par mettre chacun notre mauvaise foi de côté pour partir à la recherche de la perle rare (de la déco pour moi, de vieux jeux vidéo pour lui).
S'il n'hésite pas à fouiller dans les bacs à même le sol, je suis plus craintive. Alors, je regarde de loin, et quand je vois quelque chose d'intéressant, je le lui montre. Charge à lui de passer à l'achat, je n'ai jamais été douée pour ce genre de choses. Lui, il ose, et ça marche. Un vrai travail d'équipe !
Et puis parfois, la nostalgie me prend par surprise, et je repense aux vide-greniers de ma jeunesse. Quand je n'avais encore que quelques années à mon actif, mes parents, ma sœur et moi profitions de la brocante annuelle de ma petite ville pour nous débarrasser de tout ce dont nous n'avions plus besoin. Je me promenais avec mon petit sac banane, et je jouais à la marchande, grandeur nature. Une fois rentrée à la maison, je mettais l'argent gagné dans ma petite caisse en métal rose Brabantia. Je suis sûre qu'elle plairait à Gaëtan, cette caisse : une vraie pièce de collection !
Bon, il est temps pour moi de vous laisser : si j'ai rédigé ce billet, ce n'est pas par hasard, il y a un vide-grenier dans le quartier, et nous avons repéré deux sièges oranges qui s'accorderaient bien avec notre
vieux téléphone. Plus de temps à perdre, on mange et on va négocier (enfin, "il" va négocier) ! Bonne journée !