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Je ne sais pas choisir

Je ne sais pas choisir

Keyword - livre


Je me plains souvent du manque de temps dont je dispose pour lire : entre le blog, le travail et les tâches quotidiennes, je n'ouvre que très rarement un bouquin. D'où l'intérêt que représente, pour moi, l'acquisition d'une BD. C'est vite lu, et ça demande moins de concentration qu'un gros roman.

Quand le drip m'a offert 'Fraise et chocolat', j'étais donc ravie. D'autant plus que nous avions déjà feuilleté la chose au Furet du Nord de Lille et que ça ne nous avait pas laissés indifférents. Pour celles et ceux qui ne connaissent pas, 'Fraise et chocolat' raconte l'histoire d'amour d'Aurélie Aurita (de son vrai nom Chenda Khun), l'auteure avec un e, avec Frédéric Boilet, auteur aussi, de 20 ans son aîné. Il faut bien le dire, ça tourne essentiellement autour de 'la chose'. C'est cru, direct, et aucune partie de l'anatomie des deux protagonistes n'est réellement laissée dans l'ombre. A priori, donc, rien de bien enthousiasmant pour quiconque ayant passé l'âge délicat de la puberté. A priori.


Parce qu'au final, je l'ai lu d'un trait, sans m'arrêter, affalée dans le canapé, en me marrant comme une dinde. Et j'ai filé, quelques jours plus tard, acheter la suite ! 'Fraise et chocolat' est léger, drôle, provoquant, piquant. Derrière la crudité des situations, on entraperçoit la complicité, les doutes, les fous rires et tout ce qui fait que le couple est une vraie aventure, au quotidien.

Le dessin est naïf, en noir et blanc et ça correspond plutôt très bien au récit. Vous pouvez découvrir une planche ici (j'ai choisi la plus soft) !

En fouillant en peu sur le web, je me rends compte que ce livre ne fait pas l'unanimité. M'en fiche : un livre qui me fait éclater de rire au milieu de mon salon est forcément un bon investissement.

Incroyable !

Par ju - L'édition et le web - mercredi 31 octobre 2007


Hé oui, c'est incroyable. Les éditions de l'Archipel ont mis en ligne un site pour promouvoir une de leurs nouveautés (pas une création, juste une adaptation d'un livre américain).

Je ne jugerai pas le livre concerné. Je ne suis pas cliente de ce genre d'ouvrage, rien que le titre me fait frémir : "Le big livre de l'incroyable", avec la promesse folle de "records absurdes, collections atypiques, défis audacieux et animaux effrayants" : tout un programme.

En revanche, le site est tout à fait... déroutant.

Tous les éléments censés créer du buzz sont présents : "envoyer à un ami", big-concours et mini-jeux Pictogame. Si le livre est aussi incroyable que les images (incroyables !) et les jeux (incroyables !!!), ça promet.

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On y trouve aussi des vidéos home-made, qui ne font que renforcer mon idée de départ : quel est l'intérêt d'un tel livre, alors que toutes les choses incroyables et inimaginables sont visibles en ligne, sur Youtube ou des sites spécialisés ?

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Je critique, je critique, mais il y a quand même des photos complètement dingues de bulles de savon géantes.

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Je vous épargne l'homme mouche, le singe à un oeil et les multiples photos de pieds déformés, et vous conseille vivement de vous inscrire au casting pour le prochain livre : il suffit de se laisser pousser la barbe. A vous le livre gratos !

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Je retiens de cette campagne que le buzz, c'est bien, mais un bon travail éditorial, c'est mieux. Je n'ai jamais eu une telle liberté, quand j'étais chez Gallimard et que je mettais en place des mini-sites. Mais les livres que nous défendions étaient bien différents.

C'est en tous cas intéressant de voir que les éditeurs s'intéressent de plus en plus à des techniques de communication différentes de ce qu'ils ont l'habitude de faire. Reste que les initiatives sont parfois maladroites.

Via.


Après une lecture quelque peu fastidieuse, je suis arrivée au bout de L'élégance du Hérisson de Muriel Barbery.

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Pour commencer, je dois avouer que j'ai pleuré à la fin (un peu seulement, je suis une femme forte), et un livre qui me fait pleurer ne peut pas être foncièrement mauvais. Les larmes, ça veut dire que je me suis attachée aux personnages, que je suis rentrée dans l'histoire, et c'est déjà pas mal.

J'avoue pourtant avoir du mal à comprendre l'engouement populaire suscité par ce roman. La lecture n'en est pas particulièrement aisée. A titre d'exemple, je vous cite un court passage, assez représentatif du reste du livre :

"le sens, c'est encore de la pulsion, c'est même la pulsion portée à son plus haut degré d'accomplissement en ce qu'elle utilise le moyen le plus performant, la compréhension, pour parvenir à ses fins. Car cette quête de sens et de beauté n'est pas le signe d'une nature altière de l'homme qui, échappant à son animalité, trouverait dans les lumières de l'esprit la justification de son être : c'est une arme aiguisée au service d'une fin matérielle et triviale. Et lorsque l'arme se prend elle-même pour objet, c'est une simple conséquence de ce câblage neuronal spécifique qui nous distingue des autres animaux et, en nous permettant de survivre par ce moyen performant, l'intelligence, nous offre aussi la possibilité de la complexité sans fondement, de la pensée sans utilité, de la beauté sans fonction. C'est comme un bug, une conséquence sans conséquence de la subtilité de notre cortex, une déviance superfétatoire utilisant en pure perte des moyens disponibles." (page 269)

On sent la prof de philo derrière et il faut s'accrocher pour comprendre. Heureusement, tout le livre n'est pas comme ça. Il y a pas mal de passages amusants et l'histoire prend le dessus sur le style pompeux. Je dois aussi confesser que l'aspect "je suis concierge, donc pauvre, mais vraiment intelligente et cultivée" a flatté mon égo de provinciale issue de classe moyenne.

La prochaine lecture prévue était Cendrillon, mais en raison d'un manque de place dans la valise, j'ai commencé Entre les murs, de François Bégaudeau.

Edit : je me rends compte que j'ai été un peu dure, dans ce billet, et que beaucoup ont eu l'impression que je n'avais pas aimé. Au contraire : j'ai aimé ce livre, mais le fait qu'il soit si compliqué, à certains endroits, m'a tellement surprise (vu son succès, je m'attendais à quelque chose de plus "facile") que j'ai surtout mis l'accent sur ça. Je crois qu'en fait, il y a plusieurs niveaux de lecture dans ce roman, et j'ai l'impression d'en être restée au premier, de ne pas avoir su en retirer tout ce que j'aurais pu y trouver, car certains chapitres étaient vraiment complexes.
 
J'aurais dû ajouter que la qualité de l'écriture et l'humour omniprésent m'avaient beaucoup touchée et impressionnée.

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