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Lectures de vacances

// août 28th, 2010 // 24 commentaires » // Lectures

Ça fait un moment que je n’ai pas parlé littérature ici mais je sais que ça ne passionne pas les foules, en règle générale. Pour aller vite, je vais donc faire d’une pierre trois coups, et vous parler des trois ouvrages lus pendant mes vacances à Tahiti. Hé oui, 3 livres en 12 jours, je ne suis pas peu fière, ça faisait bien longtemps que je n’avais pas bouquiné autant.

C’est fou ce qu’on change, d’ailleurs, avec les années : quand j’étais plus jeune, je passais mon temps à lire, c’était une vraie passion. Le matin, avant d’aller en cours, je prenais mon petit déjeuner avec un bouquin entre les mains. Le week-end, je passais des heures à dévorer toutes sortes de livres. Mais au fil du temps, cette passion a été remplacée par l’ordinateur, internet, puis les blogs. Les livres que je lis maintenant chaque année se comptent sur les doigts d’une main (enfin, de deux mains, quand même). Loin de moins l’idée d’être nostalgique, c’est juste une constatation (tout à fait passionnante, héhé)

Première lecture : La mort est mon métier, de Robert Merle. Un vestige de mon stage chez Gallimard, qui trainait donc dans ma bibliothèque depuis plus de 3 ans. Gaëtan l’avait adoré, donc je me suis dit que ça allait me plaire, d’autant que la période de la seconde guerre mondiale me fascine pas mal. J’ai d’ailleurs eu l’opportunité de visiter le camp d’Auschwitz quand j’étais au lycée, camp qui est au premier plan dans ce roman, et j’en garde un souvenir très fort.

Robert Merle s’est inspirée d’une histoire vraie, celle de Rudolf Höß, et a imaginé ce qu’avait été sa vie et comment il en était arrivé là. Là, c’est le commandement du camp d’Auschwitz et l’organisation de la solution finale. On suit donc Rudolf Lang (rebaptisé ainsi dans le roman), depuis son enfance jusqu’à la fin. On le déteste, on compatit parfois, ce qui est difficile à assumer. Et on en apprend un peu plus sur cette époque et sur l’organisation des camps. Seule chose un peu gênante : on oublie parfois qu’il s’agit d’un roman, il peut être difficile de cerner le vrai du faux.

L’autobiographie de Rudolf Höß est également disponible, pour apporter un éclairage différent sur le sujet : Le commandant d’Auschwitz parle. Moins romancé, j’ai trouvé ce dernier ouvrage moins prenant, et je n’ai pas réussi à le finir.

Deuxième lecture : Naïf. Super, de Erlend Loe. Celui-ci date de mon stage chez Univers Poche, donc il est dans ma bibliothèque depuis encore plus longtemps (plus de 4 ans maintenant, le temps passe vite). Une gentille lectrice et blogueuse m’en avait parlé. Ce livre l’avait transformée et ça m’a donc donné envie de le lire.

Je dois avouer qu’il ne m’a pas fait le même effet. J’ai bien aimé, c’était vraiment atypique mais ça ne m’a pas marquée plus que ça. Et aujourd’hui, plus d’un mois et demi après l’avoir lu, j’ai bien du mal à en parler. Je me souviens quand même qu’en le lisant, j’avais souvent le sourire aux lèvres.

On découvre un jeune homme qui se pose pas mal de questions sur la vie et qui, pour trouver sa voie et le bonheur, fait des listes. Des listes de tout, qu’il garde pour lui ou qu’il échange avec ses amis ou les gens qu’il rencontre au fil des jours. C’est une belle histoire, touchante, optimiste, mais qui ne correspondait sans doute pas à mon état d’esprit des vacances, où j’étais très loin de me poser des questions existentielles.

Troisième lecture : American Psycho, de Bret Easton Ellis. On ne présente plus ce livre, véritable best seller. On y retrouve Patrick Bateman, déjà présent en filigrane dans d’autres romans de l’auteur. Ce golden boy mène la grande vie, il est beau, s’habille avec soin. Mais c’est surtout un psychopathe qui tue et viole de sang froid. Le roman est d’une violence extrême, certains passages sont vraiment difficiles à encaisser, et j’ai terminé le livre très angoissée. Malgré tout, c’est ma lecture préférée des vacances, et celle qui m’a le plus marquée. Je me délecte donc à lire la fiche Wikipedia de Patrick Bateman, où on apprend pas mal de choses sur le personnage !

Depuis mon retour de vacances, peu de lecture. J’ai quand même pu apprécier la BD Orage et Désespoir, de Lucie Durbiano, ainsi que deux magnifiques romans Harlequin, que je lis en  ce moment même chez mes parents. Bon, je le concède, ce n’est pas très glorieux mais c’était mon pêché mignon, à une époque, et j’avais envie, en les relisant, de me sentir encore un peu en vacances.

Je me rends compte aussi que j’ai du mal à me passionner pour les livres trop sérieux. Mes meilleurs souvenirs de lecture restent la saga complète de Harry Potter, et les romans de Daniel Pennac et la famille Malaussène. Si vous avez des idées de livres dans ce genre, je prends, je rêve de replonger dans une saga de laquelle je ne voudrai plus sortir !

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L’envoûtement de Lily Dahl, Siri Hustvedt

// mars 24th, 2010 // 14 commentaires » // Lectures

don't forget the robot.
Ça a été la lecture de mes vacances au ski et c’était plutôt pas mal ! Siri Hustvedt, pour moi, c’était avant tout l’auteur de Tout ce que j’aimais (un de mes livres préférés), et la femme de Paul Auster. Mais j’avais envie d’en savoir un peu plus et de découvrir un autre de ses ouvrages. Même s’il n’a pas été à la hauteur de mon livre fétiche, j’ai retrouvé son écriture agréable et la profondeur des personnages et des liens qui se tissent entre eux.

Lily Dahl est une jeune fille sans histoire vivant dans une petite ville des États-Unis, travaillant comme serveuse dans un café. Fascinée par un peintre logeant dans un hôtel situé en face de chez elle, elle l’espionne depuis sa fenêtre, en espérant ne pas être vue, jusqu’au jour où elle va bousculer le destin (en gros, elle se fout à poil devant lui, huhu désolée pour le spoiler mais j’ai trouvé ça très bon). S’ensuivra une belle histoire d’amour, pas forcément bien tolérée par les gens de la ville.

Lily est également passionnée par Maryline Monroe, ce qui nourrit son rêve secret : devenir actrice. Lorsqu’elle joue un rôle dans une pièce de théâtre, sa voisine, une femme âgée au passé douloureux, va la prendre sous son aile. Une véritable amitié va naitre entre les deux femmes. Au fur et à mesure du récit, on frôle le fantastique, des éléments mystérieux se déroulent, rendant la petite ville tranquille bien inquiétante. Difficile de parler de ce livre sans trop en révéler donc je vais m’arrêter là. Je ne vous le conseille pas forcément car il n’est pas complètement dingue, mais en revanche, foncez sur Tout ce que j’aimais, ça vaut le détour.

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Le mec de la tombe d’à côté, Katarina Mazetti

// mars 7th, 2010 // 30 commentaires » // Lectures

Le mec de la tombe d'à côté, couverture, détail

Le mec de la tombe d’à côté. J’ai l’impression que tout le monde a lu ce livre, si j’en crois les commentaires sur un de mes précédents articles, et la foultitude d’articles de blog le concernant. Il est aussi 9ème des ventes Amazon en ce moment, je n’ose pas imaginer le volume que ça représente. Je vais essayer d’ajouter ma pierre à l’édifice en vous donnant mon avis, un peu nuancé.

Petite introduction : l’histoire est vraiment très simple. La naissance d’un amour entre deux personnes que tout oppose : une veuve, bibliothécaire cultivée, habitant la ville et dont le maitre-mot pourrait être la sobriété, et un agriculteur, proche de la terre et vivant dans une maison aux papiers peints chargés. La tombe du mari de la première jouxte celle des parents du second (d’où le titre). Et c’est comme ça que leur histoire va débuter… Une histoire de passion, qui sera rapidement mise à mal par ces différences.

Mon avis maintenant. Ça se lit hyper facilement, et donc rapidement, et c’est plutôt bien écrit. C’est émouvant aussi, car ces êtres, qui n’ont jusque là pas été gâtés par la vie, découvrent sous nos yeux la passion, le bonheur. On a mal quand on les voit se déchirer, on sourit quand on les retrouve heureux. On se pose aussi des questions sur ces différences : est-ce que l’amour est possible malgré ça ? Pour toutes ces raisons, j’ai apprécié ce livre.

Mais, parce qu’il y a un mais, certaines choses font que ce livre ne restera pas dans ma mémoire très longtemps. L’histoire reste malgré tout assez banale, déjà vue. L’alternance des chapitres (un chapitre nous place du côté de la femme, le suivant du côté de l’homme) est un processus narratif un peu trop facile, évident, pas très original (ça m’a rappelé La joueuse de go). Et la fin du roman est un peu… mmh, bizarre ? Disons qu’elle m’a un peu laissée sur ma faim, et que ça ne m’étonnerait pas qu’on ait droit, un jour, à une suite. Je suis un peu primaire, j’aime bien qu’une fin soit une vraie fin, sinon ça me frustre.

Je conseille donc la lecture de ce livre si on veut se détendre et ne pas se prendre la tête. Il ne faut simplement pas espérer en retirer beaucoup plus.

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