Billets comportant le tag ‘challenge ABC’

Mon challenge ABC 2010

// décembre 19th, 2009 // 6 commentaires » // Lectures

Le cru 2009 fut plus que mauvais, je n’ai pas lu grand chose… Voici donc ma liste 2010 pour le challenge ABC ! Pour rappel, il s’agit de se lancer un défi pour l’année à venir, avec une liste de 26 livres à lire. 26 comme le nombre de lettres dans l’alphabet. Une lettre, un auteur.

Bibliothèque

Abouet et Oubrerie – Aya de Yopougon
Tonino Benacquista – Malavita
Jonathan Coe – La femme de hasard
Roald Dahl – Kiss Kiss
Bret Easton Ellis – Les lois de l’attraction
William Faulkner – Le bruit et la fureur
William Golding – Sa majesté des mouches
Jim Harrison – Un bon jour pour mourir
Ishii Hisaichi (je triche) – Mes voisins les Yamada
Sébastien Japrisot – Piège pour Cendrillon
Hédi Kaddour – Waltenberg
Stieg Larsson – Millenium
Haruki Murakami – Le passage de la nuit (je triche je l’ai déjà commencé mais c’est pour me mettre en jambes)
Julien Neel – Chaque chose
Joyce Carol Oates
Orhan Pamuk – Neige
Yann Queffélec – Les noces barbares
Arundhati Roy – Le Dieu des petits riens
Joann Sfar – Le Petit Prince
Jiro Taniguchi – Quartier lointain
U
Mario Vargas Llosa – La fête au bouc
Pinocchio, de Winshluss
X
Marguerite Yourcenar – Archives du Nord
Stefan Zweig – Le joueur d’échecs

J’ai repris beaucoup d’auteurs de l’an passé car je n’avais pas lu grand chose de ma liste… Pour le reste, j’ai complété avec des livres que j’ai déjà chez moi, histoire de faire des économies. Et il me manque encore un U et un X, si vous avez des idées ;)

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Lectures d’Asie

// juillet 20th, 2009 // 2 commentaires » // Lectures

J’ai quelque peu laissé tomber le challenge ABC ces derniers temps, préférant piocher au hasard dans ma bibliothèque plutôt que de suivre la liste que je m’étais fixée. Et mon instinct me pousse actuellement vers des livres d’auteurs Chinois ou Japonais. C’est un peu mon pêché mignon, il y a dans l’écriture asiatique une poésie incroyable, et le moindre fait du quotidien prend une dimension onirique. C’est une chose que je ne retrouve pas du tout chez les auteurs Français, que je délaisse régulièrement.

Projection privée, de Kazushige Abe, tout d’abord. Je l’ai lu lorsque j’étais en vacances à l’île de Ré, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne m’a pas laissé un souvenir impérissable. Quelques semaines plus tard, il me faut me concentrer très fort pour me rappeler de ce dont ça parle. La lecture en est toutefois agréable et je l’ai dévoré en quelques heures.

L’histoire nous plonge au cœur du quotidien d’un projectionniste et de son troublant passé au sein d’une « secte ». Ou plutôt un groupuscule, au sein duquel il a subi un véritable embrigadement. Des souvenirs qui reviennent le hanter aujourd’hui, suite à la mort de plusieurs de ses anciens camarades. Une plongée dans un Japon violent, où peur et folie s’entremêlent. Une écriture crue, comme souvent dans les romans asiatiques, ce qui me fait les aimer encore plus.

J’ai également lu Balzac et la petite tailleuse chinoise, de Dai Sijie. J’aurai l’occasion de vous en reparler sur le blog de Jade pendant ses vacances. En attendant, je peux simplement vous dire que l’impression globale est la même que pour Projection Privée : pas de souvenir impérissable mais une lecture facile. J’ai, je pense, moins apprécié que Projection privée, car plus lisse.

Enfin, mon auteur chouchou, Haruki Murakami, et sa Course au mouton sauvage. Alors là, c’est le pompon ! Je pensais avoir déjà commencé ce livre, sans l’avoir fini, et finalement, je me suis rendue compte à la fin que je l’avais déjà lu en entier. C’est une des premières fois de ma vie que ça m’arrive, et encore plus avec Haruki Murakami, mon auteur préféré. Il faut dire que ce livre ne fait pas partie de mes favoris même si on y retrouve les ingrédients qui font le charme de cet écrivain : des personnages communs, ordinaires et sans nom, une femme fascinante, une touche de folie, des bars paumés et le Japon, si bien décrit. L’histoire est ici assez incroyable : un publicitaire est sommé par une sorte de mafia de retrouver un mystérieux mouton, doté d’étranges pouvoirs. Il part dès lors à sa recherche, accompagné de sa maîtresse, aux oreilles incroyables. Les indices s’enchainent, les menant d’une piste à l’autre et les confrontant à de drôles de personnages. Un livre très plaisant à lire mais qui ne laisse que peu de traces, contrairement aux autres écrits de Murakami (je me tâte d’ailleurs à relire les Chroniques de l’oiseau à ressort).

Et enfin, livre en cours : Quatre générations sous un même toit, de Lao She. Il y a trois tomes, je ne sais pas si j’arriverai au bout. Lors de mes prochaines vacances, peut-être ?

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Lolita, Nabokov

// mars 24th, 2009 // 10 commentaires » // Lectures

Avant d’entrer dans le langage courant (et d’inspirer la chanson française), Lolita était avant tout un roman de Nabokov, chef d’œuvre polémique, intriguant, fascinant.


J’ai commencé ce livre au ski, sur la terrasse d’un café, au soleil. De bonnes conditions pour apprécier un roman. Et, de fait, je l’ai immédiatement adoré. Le narrateur est un homme irrémédiablement attiré par les jeunes filles, qu’il appelle des nymphettes. Sa vie sera bouleversée par une rencontre, sa rencontre avec Dolores, alias Lolita, jeune fille au caractère bien trempé, insolemment charismatique.

Difficile de ne pas être mal à l’aise face à cette attirance malsaine pour une enfant. Et pourtant, le narrateur, par son « humour », ses remords, ses faiblesses et son semblant d’honnêteté, réussit presque à nous attirer sa sympathie. Le lecteur se retrouve dès lors dans une position extrêmement délicate, puisque presque obligé de cautionner ces actes pourtant immoraux.

Le parallèle est sans doute maladroit mais j’ai ressenti ce que je pouvais ressentir en regardant Dexter : quand le héros d’une série est un tueur, mais qu’on le suit dans son quotidien, et qu’on observe les choses de son point de vue à lui (et pas de ses victimes), il est difficile de savoir comment se positionner. Il est difficile de détester celui qui, au final, peut nous sembler humain.

Lolita est donc un livre qui dérange mais c’est ça qui m’a plu : il force à se questionner sur soi, il prouve que la frontière entre le bien et le mal dépend souvent d’un tas d’éléments extérieurs. Le lecteur devient le témoin, voire le complice de cette histoire. Il se retrouve dans la peau d’un voyeur, qui réprouve ces actes mais ne peut s’empêcher de continuer à en lire le récit.

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