Billets comportant le tag ‘littérature’

Bottomless Belly Button, Dash Shaw

// août 16th, 2009 // 4 commentaires » // Je lis, tu lis, ...

Bottomless Belly Button, c’est une BD que j’ai offerte au Gradu à Noël dernier. Un achat d’impulsion lors d’une promenade au Furet du Nord à Lille : la couverture m’attirait (j’adore les couvertures mates), et je sais qu’il aime les BD étranges.

bottomless belly button

Quelques mois plus tard, l’ouvrage trainait toujours à côté de notre lit et j’ai commencé à le lire, un peu par hasard. J’ai alors plongé dans un superbe roman graphique, vraiment troublant. L’histoire est presque banale : après 40 ans de mariage, un couple annonce à ses trois enfants son intention de divorcer. Chacun réagira différemment à la nouvelle : Dennis, le fils lui-même père d’un enfant, est bouleversé, tandis que sa soeur, mère divorcée d’une ado mal dans sa peau semble mieux encaisser le coup. Peter, enfin, le fils bizarre et un peu râté, découvre les « joies » de l’amour avec une non moins étrange jeune femme. On partage une semaine de la vie de cette famille, réunie pour la dernière fois dans la maison d’enfance, au bord de la mer.

Ce qui est moins banal, c’est l’ambiance dans laquelle on se trouve plongé. Pesante, mystérieuse, crue parfois : le quotidien de cette famille est décrit avec une minutie époustouflante. Quand on sait que l’auteur est né en 1983, on prend un petit coup au moral, car ce roman est d’une maturité incroyable.

bottomless belly button extract

Certains lecteurs dénoncent, en ligne, le coup de pub que représente cet ouvrage, et se disent déçus par sa qualité. De mon côté, n’en attendant rien de précis, j’ai été séduite et emportée par l’univers de la famille Loony. Une lecture à découvrir par soi-même donc, sans espérer en dégager quelque chose d’autre que des questions sur sa propre existence. Ma note :

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Retour au collège, Riad Sattouf

// juillet 26th, 2009 // 4 commentaires » // Je lis, tu lis, ...

Ce week-end, habituelle promenade à Bastille, et arrêt à l’Arbre à Lettres, une chouette librairie rue du Faubourg Saint-Antoine. Je n’avais rien prévu d’acheter et finalement, léger craquage. C’est ainsi qu’on est reparti avec (notamment) Retour au Collège, la BD de Riad Sattouf, qui s’est récemment mis au cinéma avec Les Beaux Gosses.


Il s’agit en fait d’une BD-reportage, dans laquelle Riad Sattouf nous raconte son retour au collège. A 27 ans, il continue d’être hanté par les souvenirs traumatisants de ses années de collégien. Il décide alors d’aller voir comment ça se passe dans un établissement huppé de la capitale. Après quelques recherches difficiles, il finit par trouver une institution de l’ouest parisien (on imagine que c’est dans le 16ème) qui accepte de le recevoir. C’est décidé, il va passer deux semaines dans une classe de troisième.

A partir de là, on retrouve avec (plus ou moins de) bonheur les « charmes » du collège : les amourettes, l’acné, les profs qui manquent d’autorité, ceux qui en ont trop, les blagues potaches, les bagarres… C’est à la fois drôle et touchant, et pour moi qui ai plutôt bien aimé cette période de ma vie, j’ai vraiment pris plaisir à revivre, le temps d’une BD, tous ces événements.

La force de cette BD réside aussi dans la galerie de personnages que nous présente l’auteur. Comme dans toute classe, il y a le rebelle, la fille mignonne, les mecs un peu paumés, ceux qui ne s’habillent qu’avec des marques. On s’énerve, on s’attache, on se moque.

J’ai vraiment adoré cet ouvrage, j’ai ri plusieurs fois, j’ai souri quasiment tout le temps. Je l’ai fini le jour même, Gaëtan l’a dévoré le lendemain. Parfois, c’est bien, de craquer dans une librairie :)

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Lectures d’Asie

// juillet 20th, 2009 // 2 commentaires » // Je lis, tu lis, ...

J’ai quelque peu laissé tomber le challenge ABC ces derniers temps, préférant piocher au hasard dans ma bibliothèque plutôt que de suivre la liste que je m’étais fixée. Et mon instinct me pousse actuellement vers des livres d’auteurs Chinois ou Japonais. C’est un peu mon pêché mignon, il y a dans l’écriture asiatique une poésie incroyable, et le moindre fait du quotidien prend une dimension onirique. C’est une chose que je ne retrouve pas du tout chez les auteurs Français, que je délaisse régulièrement.

Projection privée, de Kazushige Abe, tout d’abord. Je l’ai lu lorsque j’étais en vacances à l’île de Ré, et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il ne m’a pas laissé un souvenir impérissable. Quelques semaines plus tard, il me faut me concentrer très fort pour me rappeler de ce dont ça parle. La lecture en est toutefois agréable et je l’ai dévoré en quelques heures.

L’histoire nous plonge au cœur du quotidien d’un projectionniste et de son troublant passé au sein d’une « secte ». Ou plutôt un groupuscule, au sein duquel il a subi un véritable embrigadement. Des souvenirs qui reviennent le hanter aujourd’hui, suite à la mort de plusieurs de ses anciens camarades. Une plongée dans un Japon violent, où peur et folie s’entremêlent. Une écriture crue, comme souvent dans les romans asiatiques, ce qui me fait les aimer encore plus.

J’ai également lu Balzac et la petite tailleuse chinoise, de Dai Sijie. J’aurai l’occasion de vous en reparler sur le blog de Jade pendant ses vacances. En attendant, je peux simplement vous dire que l’impression globale est la même que pour Projection Privée : pas de souvenir impérissable mais une lecture facile. J’ai, je pense, moins apprécié que Projection privée, car plus lisse.

Enfin, mon auteur chouchou, Haruki Murakami, et sa Course au mouton sauvage. Alors là, c’est le pompon ! Je pensais avoir déjà commencé ce livre, sans l’avoir fini, et finalement, je me suis rendue compte à la fin que je l’avais déjà lu en entier. C’est une des premières fois de ma vie que ça m’arrive, et encore plus avec Haruki Murakami, mon auteur préféré. Il faut dire que ce livre ne fait pas partie de mes favoris même si on y retrouve les ingrédients qui font le charme de cet écrivain : des personnages communs, ordinaires et sans nom, une femme fascinante, une touche de folie, des bars paumés et le Japon, si bien décrit. L’histoire est ici assez incroyable : un publicitaire est sommé par une sorte de mafia de retrouver un mystérieux mouton, doté d’étranges pouvoirs. Il part dès lors à sa recherche, accompagné de sa maîtresse, aux oreilles incroyables. Les indices s’enchainent, les menant d’une piste à l’autre et les confrontant à de drôles de personnages. Un livre très plaisant à lire mais qui ne laisse que peu de traces, contrairement aux autres écrits de Murakami (je me tâte d’ailleurs à relire les Chroniques de l’oiseau à ressort).

Et enfin, livre en cours : Quatre générations sous un même toit, de Lao She. Il y a trois tomes, je ne sais pas si j’arriverai au bout. Lors de mes prochaines vacances, peut-être ?

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Lolita, Nabokov

// mars 24th, 2009 // 10 commentaires » // Je lis, tu lis, ...

Avant d’entrer dans le langage courant (et d’inspirer la chanson française), Lolita était avant tout un roman de Nabokov, chef d’œuvre polémique, intriguant, fascinant.


J’ai commencé ce livre au ski, sur la terrasse d’un café, au soleil. De bonnes conditions pour apprécier un roman. Et, de fait, je l’ai immédiatement adoré. Le narrateur est un homme irrémédiablement attiré par les jeunes filles, qu’il appelle des nymphettes. Sa vie sera bouleversée par une rencontre, sa rencontre avec Dolores, alias Lolita, jeune fille au caractère bien trempé, insolemment charismatique.

Difficile de ne pas être mal à l’aise face à cette attirance malsaine pour une enfant. Et pourtant, le narrateur, par son « humour », ses remords, ses faiblesses et son semblant d’honnêteté, réussit presque à nous attirer sa sympathie. Le lecteur se retrouve dès lors dans une position extrêmement délicate, puisque presque obligé de cautionner ces actes pourtant immoraux.

Le parallèle est sans doute maladroit mais j’ai ressenti ce que je pouvais ressentir en regardant Dexter : quand le héros d’une série est un tueur, mais qu’on le suit dans son quotidien, et qu’on observe les choses de son point de vue à lui (et pas de ses victimes), il est difficile de savoir comment se positionner. Il est difficile de détester celui qui, au final, peut nous sembler humain.

Lolita est donc un livre qui dérange mais c’est ça qui m’a plu : il force à se questionner sur soi, il prouve que la frontière entre le bien et le mal dépend souvent d’un tas d’éléments extérieurs. Le lecteur devient le témoin, voire le complice de cette histoire. Il se retrouve dans la peau d’un voyeur, qui réprouve ces actes mais ne peut s’empêcher de continuer à en lire le récit.

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Préparer Noël est incompatible avec le blogging

// décembre 21st, 2008 // 7 commentaires » // bla bla bla (bla)

Imaginez un peu, j’ai fait du shopping hier et je ne peux même pas en parler ici, sous peine de voir mes surprises gâchées. Pourtant, il y aurait de quoi bloguer, j’ai hâte que mes proches déballent leurs paquets pour les mitrailler de photos et vous montrer tout ça ici (en espérant que ça leur plaise). De mon côté, il ne devrait pas y avoir beaucoup de surprises, j’ai préparé une énorme liste au Père Noël pour faciliter la tâche de mes parents. Une liste remplie de trucs utiles mais pas du tout montrables (un petit chauffage pour notre salle de bains, une crêpes-party, des chaussettes… tout ce qu’il y a de plus glamour).

En attendant donc, je vais continuer de meubler ce blog avec des photos de Stockholm, histoire de changer un peu (ahah) ! Je ne peux pas me résoudre un poster un billet purement textuel. Il est donc plus que temps que nous repartions en vacances, parce que vous n’allez plus en pouvoir de mes photos et de mes souvenirs… Le début d’année sera sûrement l’occasion de nous faire faire des passeports et de nous inscrire sur un site d’échange d’appartements, pour peut-être, dans quelques mois, profiter des vacances pour aller voir ce qu’il se passe de l’autre côté de l’Atlantique. Sachez également que Gaëtan et moi avons craqué pour un super reflex et que du coup, bientôt, ce blog aura de nouvelles photos à se mettre sous la dent.

Noël, c’est aussi l’époque où j’ai envie de rester sous ma grosse couverture en polaire. J’en ai donc profité pour commencer un peu en avance le challenge ABC, avec déjà deux livres à mon compteur. Le premier, Cannibale de Didier Daeninckx, m’a permis d’en apprendre plus sur les « zoos humains » et sur le Paris des années 1930. Je n’ai pas accroché plus que ça, mais c’est un sujet intéressant, touchant et ça se lit rapidement. Peut-être un peu trop rapidement d’ailleurs : difficile d’entrer dans le récit, de s’attacher aux personnages et de creuser des sujets aussi complexes que le colonialisme ou les révoltes en Nouvelle Calédonie en une centaine de pages. Je ne sais pas si c’est très intelligent de noter un livre, mais je me dis que ça peut vous aider à faire un tri, et m’aider à me souvenir de ce que j’en ai pensé, donc je tente et je lui attribue la note de 11/20.

Le deuxième, Psychologie de la peur, Craintes, angoisses et phobies, de Christophe André, trainait dans ma bibliothèque depuis plusieurs années. Il n’était pas dans ma liste de départ mais je suis tombée dessus en rentrant chez mes parents. Je me suis déjà tellement renseignée sur ma phobie que ce livre ne m’a pas appris grand chose, mais il a toutefois su me rassurer quant au fait qu’on peut guérir de ses peurs. Les phobies et les situations présentées sont très diverses. Pas de note car ce livre est spécifique et n’intéressera pas tout le monde ;)

Ce soir, soirée Zone Interdite sur les familles nombreuses (je pense créer un groupe Facebook pour les accros aux reportages, administré par Gaëtan, moi-même et mon cousin Oliv), choix de ma prochaine lecture et mise à jour de ma liste ABC !

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