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L’élégance du Hérisson : le verdict

Après une lecture quelque peu fastidieuse, je suis arrivée au bout de L’élégance du Hérisson de Muriel Barbery.

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Pour commencer, je dois avouer que j’ai pleuré à la fin (un peu seulement, je suis une femme forte), et un livre qui me fait pleurer ne peut pas être foncièrement mauvais. Les larmes, ça veut dire que je me suis attachée aux personnages, que je suis rentrée dans l’histoire, et c’est déjà pas mal.

J’avoue pourtant avoir du mal à comprendre l’engouement populaire suscité par ce roman. La lecture n’en est pas particulièrement aisée. A titre d’exemple, je vous cite un court passage, assez représentatif du reste du livre :

« le sens, c’est encore de la pulsion, c’est même la pulsion portée à son plus haut degré d’accomplissement en ce qu’elle utilise le moyen le plus performant, la compréhension, pour parvenir à ses fins. Car cette quête de sens et de beauté n’est pas le signe d’une nature altière de l’homme qui, échappant à son animalité, trouverait dans les lumières de l’esprit la justification de son être : c’est une arme aiguisée au service d’une fin matérielle et triviale. Et lorsque l’arme se prend elle-même pour objet, c’est une simple conséquence de ce câblage neuronal spécifique qui nous distingue des autres animaux et, en nous permettant de survivre par ce moyen performant, l’intelligence, nous offre aussi la possibilité de la complexité sans fondement, de la pensée sans utilité, de la beauté sans fonction. C’est comme un bug, une conséquence sans conséquence de la subtilité de notre cortex, une déviance superfétatoire utilisant en pure perte des moyens disponibles. » (page 269)

On sent la prof de philo derrière et il faut s’accrocher pour comprendre. Heureusement, tout le livre n’est pas comme ça. Il y a pas mal de passages amusants et l’histoire prend le dessus sur le style pompeux. Je dois aussi confesser que l’aspect « je suis concierge, donc pauvre, mais vraiment intelligente et cultivée » a flatté mon égo de provinciale issue de classe moyenne.

La prochaine lecture prévue était Cendrillon, mais en raison d’un manque de place dans la valise, j’ai commencé Entre les murs, de François Bégaudeau.

Edit : je me rends compte que j’ai été un peu dure, dans ce billet, et que beaucoup ont eu l’impression que je n’avais pas aimé. Au contraire : j’ai aimé ce livre, mais le fait qu’il soit si compliqué, à certains endroits, m’a tellement surprise (vu son succès, je m’attendais à quelque chose de plus « facile ») que j’ai surtout mis l’accent sur ça. Je crois qu’en fait, il y a plusieurs niveaux de lecture dans ce roman, et j’ai l’impression d’en être restée au premier, de ne pas avoir su en retirer tout ce que j’aurais pu y trouver, car certains chapitres étaient vraiment complexes.

J’aurais dû ajouter que la qualité de l’écriture et l’humour omniprésent m’avaient beaucoup touchée et impressionnée.

L’élégance du Hérisson : le verdict
10 commentaires

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  • mwai, la comparaison de Muriel Barbery avec le bug est un peu limite je trouve :p

    tu veux un extrait de ma lecture en cours ?

    « Ils allaient peut-être disposer d’une heure de répit. Leur prétendue détente après la grande fête chez les Ewoks n’avait servi à rien : Leia était absolument épuisée. Mais, pendant le saut dans l’hyperespace, tandis que tout le monde était occupé et que C-3PO s’agitait un peu partout, il avait aimablement demandé à Chewie de faire quelques transformations dans l’habitacle principal du Faucon. D’un genre qui n’était nullement mentionné dans le Guide Cracken. »

    Bon oui, entre deux vrais livres je m’enfile un SW ou un San Antonio, et alors =)

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  • Très bonne idée de mettre un extrait du livre et plus de ton ressentis à son sujet. Ça donne une idée concrète sur le genre de la plume de l’auteur.

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  • tiens moitossi j’ai prévu cendrillon au programme des hostilités a vnir ms comme j’en ai deja pas mal sur le feu ca ne sera sans doute pas pour tout de suite… Nous pourrons disserter ainsi de nos ressentis personnels autour de quelques macarons ;)
    ouais bon ok sinon on pourra aussi parler de la chagassité et des derniers potins du moment …

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  • Merci Cécile ! Tout le livre n’est pas comme ça mais il faut s’y préparer quand même : au début on se demande ce que vient faire un cours de philo au milieu d’une histoire de concierge ;)

    Pour Cendrillon, paraît que c’est génial, et le crousti-potin c’est qu’une de mes meilleures amies a bossé dessus chez Stock :)

    Et pour les macarons, il se peut (mais c’est très hypothétique) que j’en fasse cet après-midi : houhou le teasing de folie !

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  • Mais la vraie question serait plutôt.. as-tu fini les Bienveillantes? hihi.

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  • Les livres, c’est une histoire de goût mais c’est vrai que j’ai adooooooré L’élégance du hérisson. Le personnage de la concierge et sa dérision. Il est vrai que l’écriture est particulière mais j’ai été surtout frappée par la beauté de certains passages. Mais après voir lu ton article, je me dis que je suis peut-être passer à côté.

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  • J’ai été un peu dure, dans mon billet, car malgré le côté « prof de philo », j’ai quand même aimé ce livre. Disons que ma surprise vient plutôt du fait que malgré les passages difficiles, il continue de rencontrer un énorme succès populaire, alors qu’en règle générale, les livres qui fonctionnent autant sont plus accessibles (Marc Levy, Dan Brown). Je ne remets pas en cause la qualité du livre, c’est juste que je suis réellement étonnée ! (il est en 6ème position dans le classement Livres Hebdo du début du mois d’octobre : Gallimard ne va pas le sortir en poche de sitôt…)

    Et puis à partir du moment où on a aimé un livre, on n’est pas passé à côté :)

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  • Je suis ravie de trouver qui pense comme moi. Moi non plus je n’ai pas compris le succés qu’a rencontré ce livre. De plus, j’ai trouvé que c’était un livre bien trop pompeux, bien trop orgueilleux. Et je n’ai pas aimé cette manière de prendre de haut les gens.
    Sinon, ce livre a des bons côtés, et même si j’ai été déçue, cela reste un roman sympathique.

    V’là.

    Claire

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  • L’élégance du hérisson
    Le début était un peu lourd quand on n’aborde pas le livre avec un esprit de proff de philo. Suffisance ou maladresse de l’introduction?Mais j’ai réellementaimé la suite dès que je suis entrée dans l’hitoire? Adaptation de l’écriture aux personnages; une enfant surdouée aux idées mûres a le langage de son âge( 12ans1/2)et une concierge qui tient à garder une apparence très ordinaire est un puits de culture et de sensibilité. l’alternance de ces deux styles est un régal qui nous conduit au dénouement particulièrement émouvant. En bref je retiendrai la grâce de l’écriture et le plaisir de courts instants de lecture, très souvent renouvelés,grâce à de courtes séquences autonomes de 2 ou 3 pages qui se suffisent à elles-même et vous comblent

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