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Entre les murs : j’abandonne

Ca n’est pas dans mes habitudes d’abandonner un livre avant la fin. Même si je dois le traîner pendant trois mois dans mon sac, même s’il m’empêche de commencer un autre bouquin, même s’il me pèse, … je ne laisse *JAMAIS* tomber. Même que là, en tapant mon billet, je culpabilise et je me dis que je vais peut-être donner une dernière chance à François Bégaudeau.

Mais quand même ! Qu’ « Entre les murs » ait reçu le prix France Culture-Télérama 2006, ça me laisse perplexe. A moins qu’il n’y ait une sorte de message là-dedans, un peu comme quand on donne la Palme d’Or à Michael Moore : c’est moins bien qu’un vrai beau grand film mais on salue le message d’amour / de paix / etc.

Ici c’est pareil, c’est moins bien qu’un vrai beau grand livre mais ça parle des banlieues, des difficultés à être prof, blablabla (bla). Si c’était le but, j’aurais plutôt choisi L’école de la dernière chance, de ma copine Cypora (peu de gens le savent, mais avant d’être un livre, c’était un blog).

Comme pour L’élégance du hérisson, je vous fais part d’un petit extrait (pages 86-87) du roman incriminé, pour que vous vous fassiez votre opinion :

« – J’apprends que tu vas te plaindre de moi au CPE, bravo, merci pour tout.
Elle a bégayé fautif.
– Eh ben oui quoi ?
– Tu pouvais pas venir t’expliquer directement avec moi ?
– C’est parce que vous nous avez insultées de pétasses.
– D’abord je vous ai pas insultées de pétasses comme tu dis, et ensuite la moindre des choses c’est d’abord de venir me voir pour qu’on s’explique.
– Nous quand les profs ils se plaignent ils vont voir le CPE, j’vois pas pourquoi on irait pas l’voir quand vous faites des choses pas bien.
– Eh ben non, c’est pas si logique comme raisonnement. Ca marche pas forcément dans les deux sens, figure-toi.
J’avais très nettement haussé le ton. Un groupe s’est formé autour de nous, où figurait Soumaya qui laissait Sandra essuyer seule mes tirs.
– C’est normal que nous aussi on fait ça quand on est pas contents, sinon c’est trop facile.
– Et qu’est-ce que t’en attendais ?
– Quoi ?
– En allant voir le CPE, vous attendiez quoi ? Qu’il me punisse ?
– Non. J’sais pas.
– Vous attendiez quoi ?
– Rien, c’était pour le dire c’est tout.
– Vous attendiez qu’il me punisse ? »

Quasiment tout le livre est comme ça, et les dialogues à répétition ainsi que la pseudo-caricature du parler des jeunes de banlieue, ça va deux minutes, mais pendant 290 pages, c’est trop pour moi. Donc je pense que je peux officiellement vous annoncer que, pour la première fois ou presque de ma vie, je remets un livre dans ma bibliothèque sans l’avoir lu en entier…

Entre les murs : j’abandonne
5 commentaires

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  • « Elle a bégayé fautif. »

    déjà que lire cet extrait c’est pas génial, j’imagine le calvaire du bouquin entier. Toujours l’éternel problème des récompenses de ceux qui s’intéressent aux banlieues : ça sent la caricature et pourtant ça rafle les prix, parceque c’est bien de temps en temps de s’attarder sur le « phénomène ». Un peu d’opportunisme ?

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  • Oui, j’ai re-vérifié parce que ça me semblait bizarre, mais il est bien écrit « Elle a bégayé fautif. »

    Et puis je pense comme toi, il y a une espèce d’opportunisme, on sent qu’un bouquin va générer pas mal de buzz, donc on le publie. Il suffit de voir le succès médiatique remporté par le « Lexik des cités » : deux papiers dans Le Monde, alors que quelqu’un du Fleuve Noir m’a avoué que le livre « n’était franchement pas terrible ».

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  • Je n’aime pas ne pas finir les livres non plus, mais parfois… je jette l’éponge franchement ! quand c’est chiantissime, je n’ai aucune raison de m’infliger ça (enfin si, quand je faisais mes études de philo…)! d’ailleurs, je ne sais plus quel écrivain disait que l’on n’est jamais obligé de finir un livre. Je partage son avis. Tous les livres ne sont pas bons… on n’est pas obligés de tous se les cogner hein ;)
    Bon ben du coup, j’attends ton avis sur le prochain !

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  • ça ne m’était arrivé qu’une fois et en plus pour un « monument »: Voyage au bout de la nuit. Je pense qu’il s’est écoulé 11 ans entre ma première tentative et le moment où j’ai eu le courage de m’y replonger…

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  • Ophélie : merci pour ton commentaire :) Je crois que c’est Daniel Pennac, dans les « 10 droits du lecteurs », non ? (j’ai envoyé cette affiche à 250000 personnes quand j’étais en stage chez Gallimard Jeunesse)

    Olivier : c’est souvent le cas avec les « monuments », on se dit qu’il faut qu’on les lise, mais au final, c’est parfois gonflant…

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