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Retomber en enfance

Depuis que je vis à Paris, le jour de la Toussaint est pour moi empreint d’une certaine nostalgie. Ça pourra sembler glauque à certains, mais mes parents vivent en face d’un cimetière. Quand j’étais plus petite, et que je me couchais un peu tard, j’observais ce mystérieux endroit de la fenêtre de ma chambre, mi-inquiète, mi fascinée. Et chaque année, à la Toussaint, on regardait les passants qui venaient fleurir les tombes de leurs disparus. Chaque année, on se demandait jusqu’où s’allongerait la file des voitures garées le long du trottoir. Chaque année, le même brouillard, la même buée qui sortait de la bouche de ces inconnus. Alors, on courait se réchauffer près du chauffage à pétrole. Et puis j’ai déménagé et tout ça s’est arrêté. La Toussaint n’a rien de très joyeux, a priori, mais je ne sais pas vraiment pourquoi, chaque année, je suis nostalgique de ce rituel.

En fait, je suis nostalgique de plein de choses. Je me rends compte chaque jour qu’avancer et grandir, c’est s’ouvrir à tout un tas d’expériences nouvelles, mais c’est aussi accepter de ne plus en revivre d’autres. J’ai la chance de vivre avec un homme formidable, mais je ne vivrai plus jamais avec mes parents. J’ai un travail qui me plait, mais je ne serai plus jamais étudiante. J’ai rencontré des amis formidables à Paris, mais je ne vois plus ceux que j’ai quittés en venant ici. Tout bonheur a sa contrepartie, moins réjouissante.

Résultat, pour pouvoir revivre un tout petit peu cette enfance à jamais envolée (vive le pathos, je vous prie de m’excuser), cette journée fut celle de la régression totale.

Ça a commencé par une partie endiablée de Léa Passion, Mariages de Rêve. Un jeu pour les petites filles, et rien que pour les petites filles : je m’en suis malheureusement assez vite lassée. Je me suis quand même amusée pendant 20 minutes comme une petite folle à organiser le mariage de Priscilla, une avocate anglaise qui, dixit le brief, est assez chic. J’ai donc entrepris de mettre des cheveux violets à son mari et je lui ai imposé le port d’une robe rose bonbon. Le chic, ça me connait.

Ça s’est poursuivi par une grosse envie de soupe. Je n’ai jamais été fana de breuvage, au grand dam de mon père qui, pour me forcer à boire un peu de sa soupe aux poireaux, me promettait un abonnement au club de Barbie au bout de 10 tasses de soupe. J’ai fini par l’avoir, mon abonnement. Et aujourd’hui, j’ai très envie de cuisiner mes propres soupes, pour perpétuer un peu la tradition. Point de poireaux pour moi, ça sera plutôt de la tomate. Et comme il n’y a pas de soupe sans mixer, Gaëtan moi sommes allés faire quelques emplettes chez Darty.

Je ne suis pas certaine que cela me console vraiment, mais au moins j’aurais essayé. Et dans quelques minutes, la Toussaint, c’est terminé. Je vais pouvoir ranger ma nostalgie au placard. Jusqu’à l’année prochaine.


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11 commentaires

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  • Oooh quelle nouille (moi), je viens de comprendre ton tweet d’hier soir..

    Moi j’ai aussi des petits moments de nostalgie
    J’aimerais bp pouvoir redevenir petite fille de temps en temps ..alors je vais voir mes parents, seule, pour jouer l’enfant le temps d’un jour ou deux ;)

    Tu es trop chou sur cette photo!

    répondre

  • C’est doux, la nostalgie, pas forcément triste, et ça fait du bien, de temps en temps… tant qu’on ne s’installe pas trop dedans !
    Bon dimanche :-)

    répondre

  • Moi j’aime bien la Toussaint, ce n’est pourtant pas gai du tout mais ça rapproche la famille :)
    Et pour avoir des bonnes soupes qui ont presque le même goût que les vraies prends les soupes Liebig en boîtes : elles sont super bonnes !
    Par contre je suis dégoutée, je n’aimais pas ça non plus quand j’étais petite mais j’ai jamais eu l’idée de faire du chantage pour m’abonner à OK podium… fait chier !

    répondre

  • KRiSS : oui moi aussi, j’adore passer un week-end avec mes parents, et refaire les choses que je faisais quand je vivais encore chez eux. Les regarder faire la cuisine, les accompagner chez le boucher…

    Shalima : c’est vrai que ça fait du bien, mais il faut que je fasse attention à ce que ça ne dure pas trop longtemps :)

    Béné : merci pour le tuyau Liebig ! Et pour le chantage, héhé, sans ça, jamais je n’aurais bu la soupe de mon père, je n’aimais vraiment pas ça du tout :) Le pauvre, il a dû inventer de sacrés stratagèmes pour réussi à m’en faire boire.

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  • snif, ton article me rend nostalgique moi aussi :(

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  • Et le pain belge en gouter vers 10h tu t’en souviens ??? Moi au chocolat toi au saucisson… Snif:(
    Ah quand une prochaine petite régression en famille ?

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  • Et les saucisses BI FI au retour de Coxyde avec une tranche de pain gris et’Belgique !!! Et la vente de Chrysanthèmes pour la classe verte et on pourrait encore en rajouter. Vive la Toussaint qui n’est pas une fête triste. L’année dernière souviens toi…

    répondre

  • Tu t’adresses à une nostalgique née :)
    J’adore fouiller dans le passé, j’ai beau savoir que la vie c’est pas ça, qu’il faut regarder devant, je ne peux pas m’empêcher de repenser à tous ces moments d’enfance et d’adolescence perdue.

    Ce qui est marrant c’est que la Toussaint me fait le même effet qu’à toi. Pour moi c’était synomyme de vacances en famille, on retournait dans le Nord pour aller voir mes grands-parents, les cousins etc… et puis surtout il ne faisait JAMAIS beau !

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  • Si ma sœur et ma maman s’y mettent, je vais pleurer moi ! Enfin, la Toussaint, c’est passé et je suis pleine de bonnes résolutions pour le mois de novembre !

    Annouchka, bienvenue au club alors ! Et là, comme par hasard, le 3 novembre, il fait beau à Paris le brouillard s’est envolé :)

    répondre

  • Quel joli billet (de saison)
    Encore un point commun entre nous

    répondre

  • Toi aussi tu es nostalgique, le Glaude ?

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