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La ville dans laquelle j’ai grandi

Ce matin j’ai arpenté les rues de la ville dans laquelle j’ai passé les 21 premières années de ma vie, et où mes parents vivent toujours. Je souriais bêtement en me rendant chez le médecin, en passant devant les maisons de briques rouges et en repensant aux choses que j’avais vécues ici.

A vélo

Je me souviens du patin à roulettes ou du foot dans le petit square pas loin de la maison : on faisait attention de ne pas marcher dans les crottes de chien. Notre jeu favori consistait à gratter le béton du mur de l’usine d’à côté : il s’effritait pour ne laisser dans nos mains qu’une fine poussière beige, et on faisait semblant d’être des vendeurs de cocaïne, ou alors d’être des policiers avec des talkie-walkie qui traquaient les trafiquants. Plus tard, les matins pluvieux, je pestais en attendant le bus qui me menait au collège, à une heure presque indécente, quand tout le monde dort encore. Je me souviens du chemin pour aller travailler au supermarché, derrière chez moi, le vendredi après-midi et le samedi. Le centre-aéré, les balles au prisonnier, la bibliothèque pour tous, le cathé, la forêt et sa maison de sorcière, la fête du tabac, les lampions le 14 juillet.

J’ai détesté cette ville, trop loin de tout, où aucune de mes copines ne vivait, où il n’y avait rien à faire. Cette ville dans laquelle le bus ne passait qu’une fois par heure et qu’il ne fallait surtout pas rater. Cette ville où tout le monde se connaît et où il vaut mieux ne pas faire de vague si on ne veut pas être au centre des commérages.

Quand je suis arrivée à Paris, il y a presque 4 ans, j’ai apprécié de ne jamais y croiser de visage connu. De pouvoir louper un métro et d’en voir un autre arriver 3 minutes plus tard. De changer de vie, loin des habitudes, de la routine. J’ai appris à vivre sans jardin, dans des espaces restreints. A courir en permanence, à avoir des horaires pourris.

Aujourd’hui, ma ville me manque. Ce matin, au cabinet médical, tout le monde se disait bonjour. Les gens se parlent, demandent des nouvelles d’un voisin. On peut faire ses courses à pied. On s’en fiche du bus, tout le monde a une voiture (même si ça pollue). L’immobilier n’est pas cher et on peut avoir un grand jardin, au calme. On râle parce qu’on a vu un lapin passer, ou un chat qui gratte les fleurs. Il n’y a presque pas de pigeons. On rigole quand on croise le curé qui fume une cigarette et on hâte que ça soit l’été pour faire des barbecues. On arrive à se projeter et à imaginer qu’un jour, on élèvera ses enfants loin du bruit et de la pollution.

Je ne pense pas que je pourrai revivre ici, j’aurais l’impression de faire un pas en arrière. Mais ce que je sais, c’est que je rêve de quitter Paris et de construire, ailleurs, ce que mes parents ont construit ici. Certainement pas tout de suite, on a encore des choses à vivre, à Paris. Gaëtan se lance dans une grande aventure, en créant son entreprise, et je veux le soutenir. Mais je garde ce doux espoir de départ dans un coin de ma tête, et en attendant, je me ressource ici, dans la ville dans laquelle j’ai grandi…


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23 commentaires

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  • C’est bieau…. Mais ça va surement donner à Maman envie de b……

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  • Un billet très émouvant ! Mes parents ne sont jamais restés plus de 4/5 ans dans la même ville, du coup je n’ai pas eu de véritables attaches dans les villes dans lesquelles je vivais je suis par contre très très attachée à « mon village », celui dans lequel j’ai toujours passé mes étés et le berceau de ma famille. Et comme toi, je songe à quitter Paris, mais comme tu dis, il y a encore des choses à vivre ici …

    répondre

  • Ton billet me rend nostalgique moi même ayant randi dans ce genre de ville (près de Rouen). Oh pas bien longtemps mais juste assez pour avoir des souvenirs aussi poignants que ceux que tu racontes ici.
    C’est un très beau texte Juliette…

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  • C’est vraiment toi au 1er plan ? Elle est canon cette photo !

    répondre

  • J’habite Bruxelles depuis toujours et je ne veux qu’une chose : partir loin, là où il y a encore des moineaux !

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  • ah…. si tu savais comme ça me parle. à plus petite échelle, parce que mes parents habitent actuellement dans une ville dans laquelle je n’ai vécu que 7 ans, mais ça a été mes 7 années d’ado, du coup, ça compte quand même beaucoup….
    je n’ai quand même pas tous ces souvenirs d’enfant, ceux-là, je les ais tous laissés à Madrid, mais quand même.

    En revanche, une chose est sûre, Paris, sans doute pas (la France me repugne) mais une grande ville, sinon, ça sera pas possible!

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  • Que ton billet est juste… Il décrit à merveille ce que j’ai pu ressentir et ressens aujourd’hui. Cela me rassure de ne pas être la seule à avoir de telle sentiments mêlés. Merci.

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  • bah je vais sans doute me faire huer, mais j’aime bien la ville… meme si j’aime bien aussi quand je vais chez mes parents… les chats, le jardin, les vignes, le bistrot du village… mais je ne pourrais pas y vivre! ah ça non!

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  • Tu vois c’est ce que j’aime dans Montréal, c’est une grande ville mais tu peux être à la campagne aussi. On est sur le point d’acheter une maison avec un grand jardin et à seulement 20 minutes du centre-ville (en voiture ou train car le métro ne passe pas là pour le coup) mais je trouve que c’est un bon compromis avec Paris.

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  • et c’est dans quelle ville que tu as grandie ? ^^

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  • J’ai eu la même nostalgie en retournant à Lille la semaine dernière…et pourtant je ne suis à Paris que depuis quelques mois. La faute sans doute aux prix élevés des loyers et au manque de verdure (Si j’achète un appartement minuscule à Paris, ça me fait très mal de me dire qu’au même prix j’ai une maison avec piscine dans le sud :( )…Rahh, Paris, j’aime y vivre…mais ça ne sera pas pour la vie.

    répondre

  • Trop old school cette photo, j’adore !

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  • Très joli ce petit instant de nostalgie…Quand je reviens dans mon ancien quartier où j’ai vécu 18 ans, même si je le détestais à l’époque, c’est fou comme ça m’émeut aussi.
    Et puis si tu retournais habiter là-bas, ça voudrait pas forcément dire un retour en arrière. Tu as pris ton temps, tu as muri, et peut-être que c’est ce qu’il te fallait pour prendre conscience que c’est là-bas que tu te sens bien et que tu veux vivre.

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  • Je comprends bien ce que tu ressens, j’ai moi aussi vécu dans un village où tout le monde se connaissait. T’imagines pas comme ça me manque, en plus mes parents on quitté le Cotentin et j’ai la désagréable impression qu’on m’a arraché un morceau de ma vie :(
    je commence seulement à l’accepter, parce que moi non plus il ne me serait pas venue à l’idée d’y retourner (le pas en arrière dont tu parles). Maintenant je ne pense qu’à une chose : aller vivre en Provence, mais ça ne se fait pas du jour au lendemain et ça signifie beaucoup de choses à préparer avant. En clair, c’est pas pour tout de suite !

    Bonne chance à vous deux pour la grande aventure de Gaëtan !

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  • Les petits villages, ça a toujours été ma hantise.
    J’ai vécu en Ardèche (où je retourne tous les week-end pour bosser au McDo ^^’ ) et franchement, ce n’est pas là que je veux faire ma vie. Trop loin de tout. J’aime pas.
    Cela dis, c’est bien aussi de se retirer un peu de la pollution quand on veut y installer sa famille… mais si ce n’est pas à 1000 km d’une grande ville, c’est mieux. haha. ^^

    répondre

  • J’aurai pu écrire ce billet de ma campagne picarde où il y a plus de vaches que d’habitants ;)

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  • J’ai adoré ce billet et son atmosphère. Je m’y retrouve dans certain pasage et c’est très agréable à lire

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  • Merci pour vos commentaires :)

    @Amélie : oui, je suis au premier plan, et derrière c’est ma grande soeur :) On avait de super looks à l’époque ;)

    @Damien : ça s’appelle Wervicq-Sud !

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  • J’aime beaucoup cet article très beau.
    Jeune, j’ai moi aussi toujours pesté contre le fait d’habiter à la campagne, sans aucun magasins, seulement des grandes maisons, une église et une école communale (nous étions 9 à mon époque !), loin de toutes mes copines de collège qui pouvaient se voir le weekend.
    Et maintenant que je fais mes études, je me rends compte qu’il m’est indispensable de retourner dans cette grande maison, et comme toi, plus tard, ce n’est pas dans une grande ville que je voudrais voir mes enfants grandir.
    Jouer dans les flaques d’eau du jardin et grimper dans les arbres, il n’y a quand même rien de mieux :)
    Bonne continuation !

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  • C’est avec plaisir que je lis ton blog…
    En fait, on est presque voisine d’enfance…
    Je suis d’Halluin, mais je n’ai toujours pas quitté le nord et y ai ammené mon parisien de mari….
    J’adore aussi Las vegas, on s’y croisera peut-etre une jour

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  • essaaye le sud c’est chouette le sud enfin evite la cote d’azur tres tres cher mais du côté de nimes avignon montppelier c’est super sympas et la mentalité n est pas pire qu a paris en plus les gens sont pas stresses la vie est cool et c’est coloré ça n ‘a rien avoir avec le nord ou paris ici le temps est previlegie c’est limite exotique en ete il y a les gosses chaleurs par contre surtout en aout mais il pleut rarement les hivers sont doux il y a le soleil il y a la mer c est le meilleur endroit pour vivre selon moi!

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  • on peu habiter un village sans etre loin de tout à 15 mn d une grande ville par exemple quel idee reçu! en plus le nord c est tres peuples c est une des regions ou il y a le plus de population ….donc mm en habitant un village on est rarement loin d une ville importante ! ma grand mere habitait un petit village à 15 minute de dunkerque selement

    répondre

  • on peu habiter un village sans etre loin de tout à 15 mn d une grande ville par exemple quel idee reçu! en plus le nord c est tres peuples c est une des regions ou il y a le plus de population ….donc mm en habitant un village on est rarement loin d une ville importante ! ma grand mere habitait un petit village à 15 minute de dunkerque selement APRES C EST SUR FAUT UNE VOITURE

    répondre

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