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Entre nos lignes : lettre à Hank

Il y a quelques temps, j’avais mentionné sur Twitter que j’avais lu un livre qui m’avait profondément révoltée. C’est une amie qui me l’a offert, il m’a vraiment touchée et perturbée, et même si c’est un sujet difficile, j’avais envie de partager ça avec vous.

Entre nos lignes, lettre à Hank

Entre nos lignes est une longue lettre adressée par Sandrine Ageorges-Skinner à son mari Hank, condamné à mort en 1995 au Texas pour un triple-meurtre qu’il nie avec commis. Bien plus qu’une lettre, on y découvre les détails de l’affaire, les conditions de détention des condamnés à mort, la fascination qu’ils exercent sur certaines personnes, et le quotidien difficile d’une femme de prisonnier.

Pendant les premières pages, j’étais un peu gênée, mal à l’aise : Sandrine Ageorges-Skinner explique qu’elle aime son mari depuis la première lettre qu’ils se sont échangés, en 1996, alors qu’il était déjà condamné. Une seule lettre, et elle a su. Je vous avoue que j’avais un peu de mal à comprendre ça. Et puis, la dureté de ce qu’elle décrit prend le dessus. Finalement, on s’en fiche un peu de savoir pourquoi et comment elle l’aime, ce n’est pas le sujet du livre, et je ne pense pas qu’on puisse juger les histoires d’amour des autres.

Ce qui m’a le plus « choquée » dans cette histoire, c’est que Hank semble bien être innocent. A nouveau, au départ, j’étais gênée : Sandrine Ageorges Skinner aime son mari, donc on comprend qu’elle le défende coûte que coûte. Au risque de n’exposer que les arguments servant sa cause ? J’avais un doute, puis je me suis renseignée sur internet. Et j’ai découvert que la justice américaine avait vraiment tout fait de travers, depuis le début. Refus de faire les tests ADN par exemple, faux témoignages, experts disant qu’il n’était pas capable, physiquement, de commettre ces meurtres… Je pourrais vous exposer une longue liste d’éléments troublants, cités dans le livre mais pas seulement, mais ce n’est pas l’objet de cet article (vous trouverez plus d’infos sur Wikipedia par exemple).

Et finalement, innocent ou pas, est-ce vraiment le plus important ? Les conditions de détention des prisonniers sont extrêmement difficiles, autant physiquement que psychiquement. Ainsi, le 24 mars 2012, Hank Skinner devait être exécuté. Ce n’est que 35 minutes avant son exécution que celle-ci a été reportée… Les condamnées sont régulièrement et arbitrairement coupés de tout contact extérieur, ne pouvant plus recevoir ni visite, ni courrier. Ils sont mal nourris, privés de sortie… Des conditions inhumaines qui m’ont profondément révoltée.

Voila, je ne me sens pas forcément légitime pour parler de tout ça ici, mais si le sujet vous intéresse, je vous invite vivement à lire ce livre. L’écriture est brute, parfois déstabilisante, mais une fois ouvert, on ne le referme pas. Et il fait prendre conscience de plein de choses. C’est le genre de livres qu’on a envie de prêter à tout le monde autour de nous pour pouvoir en débattre ensuite.

Vous le trouverez notamment sur Amazon. Et si vous voulez en savoir plus sur l’affaire, je vous invite à consulter le site officiel de Hank Skinner.

Entre nos lignes : lettre à Hank
27 commentaires

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  • C’est effectivement un sujet délicat, et je ne doute pas que ce doit être assez déstabilisant. Mais ton article donne envie de s’y attarder, alors quand je serais « prête », je n’hésiterais pas à le lire.

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  • Ca a l’air intéressant comme livre, je le mets dans ma wishlist !

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  • si on ne devait lire que des histoires lisses, la littérature serait bien peu de chose! il est évident que l’auteure est partisane et que son témoignage est orienté, comme tu le soulignes d’ailleurs justement, ce qui ne veut pas dire qu’il ne peut pas etre entendu/lu…

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    • Oui, et puis quand on creuse un peu et qu’on lit différents articles, on se rend compte qu’il y a vraiment énormément d’éléments très troublants. Mais comme me le disait mon amie, finalement, qu’ils soient innocents ou pas, rien ne justifie qu’on traite les prisonniers de cette manière.

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  • Sujet délicat que la peine de mort et la prison.
    Je n’aurai jamais pu travailler dans le domaine de la justice, je crois que ça m’aurait empêché de dormir la nuit.

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    • Hé oui, sujet délicat, j’ai eu du mal à en parler ! Effectivement il faut réussir à prendre du recul je pense, quand on travaille dans ce milieu là… Ca ne doit pas être facile tous les jours.

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  • Étrange que tu en parles ce soir ! Je connais son histoire car Canal ou Arte (je ne sais plus) avait fait un reportage sur elle, la suivant nuit et jour jusqu’à la veille de sa première date d’exécution.

    Pour en revenir à la peine capitale, j’ai écrit mon mémoire dessus et j’ai habité aux USA. Plus d’une centaine de condamnés à mort ont été depuis été innocentés. Un laboratoire d’analyses d’ADN a du fermer ses portes après que l’on a prouvé qu’ils trafiquaient le résultat des tests, bref la justice est toujours faillible car elle est faite par l’homme.

    Pour avoir étudié de nombreux cas, je préfère ne pas en dire plus, mais simplement qu’il vaut mieux être blanc, riche et avoir un bon alibi. Car là-bas, c’est à toi de prouver ton innocence et pas l’inverse.

    Je n’ai pas envie de lire le livre, car j’ai vu ce reportage. Pour la partie histoire d’amour, c’est assez courant. Ce sujet m’a un peu poursuivi pendant des années (leurs conditions d’emprisonnement sont effectivement très dures). Donc j’essaie de tourner « la page ».

    En France, on estime à 10%, le pourcentage de personnes innocentes enfermées dans l’attente de leur procès (99% seront innocentées à ce moment-là mais auront connu des mois d’enfermement), les autres seront condamnées et deviendront des cas célèbres d’erreurs de justice.

    J’aime bien ta façon d’exprimer ton ressentiment à la lecture du livre, bizarrement, j’ai cru l’inverse en commençant à lire ton billet, je croyais que tu avais été révoltée par les propos de l’épouse. Je ne sais pas pourquoi j’ai pensé ça, sans doute parce que j’ai vu de nombreuses européennes tomber amoureuses de condamnés à mort américains, et que c’était troublant effectivement.

    J’ignore en tout cas si le livre est aussi fort que le reportage, car ce n’est qu’au dernier moment que son exécution a été repoussée.

    Bonne nuit !

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    • Oui, ma copine m’a parlé de ce reportage mais je ne l’ai pas trouvé :/

      La justice est certes faillible et je conçois qu’on puisse se tromper, mais dans certains cas, ça va quand même très loin (l’exemple de Hank Skinner doit en être un parmi des tas d’autres, mais lui avoir refusé les tests ADN par exemple, alors que son cas semble déjà très « limite », ça dépasse l’entendement, non ?).

      J’avais aussi lu des chiffres sur la population carcérale aux US, et effectivement, il vaut mieux être blanc et riche :/

      Pour l’histoire d’amour, après avoir refermé le livre et lu quelques interviews de Sandrine Ageorges-Skinner, j’ai vraiment revu mon jugement. Elle a d’ailleurs, dans son livre, des mots pour ces « groupies » qui viennent voir les condamnés à mort pour de mauvaises raisons.

      En tous cas, merci pour ce long commentaire très intéressant !

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      • De rien ! Dommage qu’on ne puisse plus trouver ce reportage, car il était très intéressant. Le système judiciaire (j’ai du l’étudier pour le comprendre) est en effet très complexe. Un peu comme en France où l’on va juger parfois uniquement la forme et pas le fonds. Je veux dire qu’un juge ne va pas s’inquiéter de savoir si la personne est innocente ou coupable mais si dans le cadre du premier procès, les règles de droit ont bien été respectées. Pour les tests ADN, ils peuvent être demandés à une certaine étape, après il est très difficile des les obtenir. De plus, aux USA, si le Procureur (le District Attorney) ne les a pas fait, il revient à la défense de les payer et ça coûte plusieurs milliers d’euros. Bref, il ne faut jamais se fier aux séries américaines, comme les Experts ;)

        Maintenant, avec ton dernier commentaire, tu me donnes envie de le lire finalement ;)

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  • Je n’ai pas lu le livre mais j’ai beaucoup suivi les informations relatives à la détention de Hank Skinner. Évidement, çà interpèle. Les conditions de détentions aux USA ne sont vraiment pas, mais alors vraiment pas les mêmes qu’en France ( je pensais qu’en France c’était lamentable mais là bas c’est encore pire). Ce qui est dingue, c’est que la justice américaine laisse le doute planer…jusqu’aux dernières minutes avant l’exécution et çà, c’est inhumain. Parce qu’on est pas sur à 100% qu’il soit coupable…
    Dans le même style de bouquin, assez fort et « coup de gueule » si je puis dire, j’ai lu Waris Dirie, fleur du désert…c’est un bouquin pas tout jeune mais çà explique l’excision des petites filles en Afrique. Voilà voilà

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    • Oui c’est terrible, il avait même pris son dernier repas :/ Je note pour le livre, ça a l’air difficile :/

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  • Sans vouloir trop épiloguer, il me semble qu’une femme a priori fascinée par un homme suspecté d’avoir tué sa femme et ses 2 enfants a très certainement un problème voire une pathologie. Donc son témoignage est, à mon humble avis, à prendre avec du recul…

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    • Très honnêtement, je ne pense pas qu’on soit dans ce cas de figure là avec Sandrine Ageorges-Skinner. Je n’y ai vu aucune fascination, elle était déjà abolitionniste avant de le connaître, et ils sont « ensemble » depuis 1996. Après, j’ai eu moi aussi des doutes, mais qui ont rapidement été levés quand je me suis renseignée via d’autres moyens.

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      • Bon c’est certain, je ne connais pas le sujet et je n’ai pas lu le livre…en tout cas tu as su rendre ce sujet intéressant. A creuser donc, pour ne pas rester sur des a priori !

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        • Elle est passée sur France Inter et aussi sur Canal + ces jours-ci, je pense que si tu as l’occasion de l’entendre, tu auras peut-être une autre vision des choses :) Après, c’est normal de trouver ça bizarre, comme je le dis, moi aussi au début j’étais mal à l’aise.

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  • Cette histoire m’a très fortement fait penser au film « Paperboy », où une femme tombe amoureuse d’un condamné à mort dans les années soixante, et tente de l’innocenter… Toutes les critiques de ce film assez glauque que tu trouveras sont négatives, mais ne t’y fie pas, il est très bien, et je te le recommande vraiment (en Vost).

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  • C’est drôle, à quelques jours d’intervalle, Sybille en parle aussi sur son blog (et elle a mis cette interview en lien, si ça t’intéresse : http://www.franceinter.fr/emission-comme-on-nous-parle-sandrine-ageorges-skinner).
    Je pense que je le lirai, c’est important de se tenir informé de ce genre de sujet, de ne pas fermer les yeux devant les injustices, même si c’est dur… Merci de cette découverte et de ne pas parler que de livre « facile » (et de parler livres en général, j’adore tes chroniques !).

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  • Je crois qu(honnêtement je ne suis pas de taille face à un tel livre..
    Depuis quelques temps, j’essaie de lire des choses moins « prenantes », émotionnellement parlant..
    Mais tu donnes envie quand même :)

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  • Merci Juliette ! Je lis régulièrement ton blog même si je ne post jamais (on avait échangé quelques mails il y a déjà quelques temps) et je vais immédiatement me commander ce livre . Je te dirai ça :)

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  • en tout cas tu donnes envie de le lire…
    ++

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  • Coucou Juliette :)

    Je suis tombée sur ton blog au hasard de mes voyages de fille insomniaque sur la toile et je le trouve super chouette!
    Ey là que vois-je? Un article sur le livre de mon amie Sandrine! Très très jolie critique que tu en a fait, certes le sujet est compliqué mais tu as très bien résumé ça et je trouve ça chouette d’oser partager un tel sujet avec tes lectrices!!!

    Kat’, internaute insomniaque et militante anti-peine de mort

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