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Burn-out parental, élever un garçon féministe… et astronomie

Aujourd’hui, je vous propose deux lectures (très) intéressantes autour de la parentalité et, sans aucune transition, une BD sur Thomas Pesquet. Parce qu’entre deux livres un peu engageants, c’est bien aussi de se détendre ;)

Burn-out parental, l’éviter et s’en sortir – Moïra Mikolajczak et Isabelle Roskam ♥♥

Je viens de terminer la lecture du livre Burn-out parental, l’éviter et s’en sortir, et j’en ai retiré pas mal de choses – j’espère que ma modeste chronique vous aidera si vous vous sentez concerné.e par le sujet.

burn-out parental

(l’Oscar de la meilleure pose est attribué à…)

Dans cet essai, les deux autrices expliquent ce qu’est le burn-out parental, quels en sont les déclencheurs potentiels et proposent tableaux et outils pour l’éviter ou s’en sortir.

L’une des causes possibles du burn-out me parle particulièrement, c’est celle de la pression sociale qui fait qu’on voudrait être des parents parfaits et bienveillants en toutes circonstances. Ne pas laisser pleurer, accompagner les émotions, être disponible pour son enfant à chaque instant. Il est prouvé scientifiquement que c’est la meilleure chose à faire pour notre progéniture – j’en suis persuadée et l’applique moi-même du mieux possible.

Le hic, c’est qu’il est humainement impossible d’être le parent idéal qu’on imagine. On fait de son mieux, en ayant parfois le sentiment de ne plus avoir de temps pour soi, tout en se décevant soi-même régulièrement quand on échoue et en se comparant aux parents parfaits qu’on croit voir sur les réseaux sociaux.

Le burn-out est aussi très occidental : on vit dans une société qui valorise beaucoup l’indépendance et la liberté individuelle. Deux choses qui en prennent un sacré coup quand on devient parent. Dans les sociétés où le collectif prend plus d’importance, les parents ont le sentiment de renoncer à moins de choses et sont aussi plus entourés pour élever leurs enfants.

Il y a tout un tas d’autres causes possibles au burn-out parental : des causes socio-démographiques, des problèmes de couples, une fragilité personnelle, un enfant malade… l’idée étant qu’on tombe en burn-out lorsque la somme des difficultés est plus importante que la somme des “facteurs de protection”.

Les autrices proposent un tableau permettant de faire le point sur notre risque de tomber ou pas en burn-out. C’est un peu le point négatif du livre selon moi, leur système de notation ne me semblant pas ultra équilibré. Par exemple, la maladie ou le décès de son conjoint compte pour 2 points dans la balance négative. Alors qu’avoir un bac + 5 maximum pèse pour 2 points dans la balance positive. Bref, votre mari est mort mais vous avez un bac + 4 : tout va bien ! (je caricature car il est possible d’ajuster un peu la notation, mais bref)

Alors, comment éviter le burn-out parental ?

Je ne suis pas psy et cela peut-être primordial de parler à un professionnel de santé si vous pensez être en situation de burn-out. Mais disons que si je résume le livre, l’objectif est de faire en sorte que les points positifs soient plus nombreux que les difficultés rencontrées.

Pour rééquilibrer la balance, il faut donc, au choix :

– augmenter le nombre de choses positives dans votre vie,
– ou à l’inverse, réduire les points négatifs.

Bon, c’est plus facile à dire qu’à faire. Mais le fameux tableau que je trouve perfectible permet de faire le point sur tout ce qui est stressant dans notre vie et tout ce qui nous apporte du bien-être. Ça permet de prendre conscience des choses qu’il est possible ou pas de changer.

Si, par exemple, une source de stress au quotidien est la gestion des repas, on peut s’initier au batch-cooking (cuisiner à l’avance des repas pour ne pas avoir à s’en occuper le reste de la semaine), se faire livrer à manger de temps en temps si on en a les moyens, demander de l’aide à son entourage. De mon côté, je pense investir dans un plus grand congélateur pour me faire livrer des purées et légumes Picard, me faciliter les repas du soir et m’éviter de devoir aller faire les courses trop souvent. C’est tout bête mais si je peux gagner 1h par semaine, c’est toujours ça de pris !

Certains stresseurs sont difficiles à modifier (un enfant malade, un emploi pas assez bien rémunéré) mais si on arrive déjà à se soulager des choses du quotidien, la balance penchera un peu plus du côté positif.

Ensuite, on peut s’attacher à augmenter les marqueurs positifs. Si votre cercle amical est très important pour vous et source de joie, il faut multiplier les occasions de sortir entre amis. Faire des câlins à vos enfants (ça génère une hormone de bien-être). Essayer de trouver des activités positives à partager avec vos enfants (les emmener à la médiathèque et choisir des livres ensemble, aller au cinéma, faire une balade en forêt et fabriquer un herbier…). Si vous avez besoin de temps pour vous, vous pouvez organiser avec d’autres parents un système de roulement : inviter un copain d’école un samedi après-midi, et confier votre enfant le samedi suivant. Des choses simples mais auxquelles on ne pense pas forcément quand on a la tête dans le guidon…

Une astuce que j’utilisais autrefois pour gérer mes angoisses et qui est proposée par les autrices : chaque soir, noter dans un carnet un moment positif passé avec votre enfant. Le cerveau a tendance à s’attarder sur le négatif et si on ne lui donne pas un coup de main, il oublie facilement ce qu’il y a de bien. Noter le positif dans un cahier, tous les jours pendant plusieurs semaines, nous aide à mieux le voir au quotidien ensuite. Si votre enfant est en âge de le faire, lui proposer le même exercice : qu’a-t-il préféré avec vous dans sa journée ? Sa réponse sera peut-être totalement différente de la votre et ça vous permettra d’identifier des activités qui l’épanouissent et que vous pourrez reproduire.

Enfin, il faut éviter de se comparer à des parents qu’on idéalise – notamment sur les réseaux sociaux. J’ai arrêté de suivre beaucoup de gens qui me faisaient culpabiliser et me donnaient l’impression que ma vie était nulle comparée à la leur. Il ne faut pas hésiter à évoquer ses difficultés auprès d’autres parents, dans des groupes de paroles dédiés par exemple, pour se rendre compte que tout le monde rencontre des problèmes. Que le parent parfait n’existe pas. Que vous êtes le meilleur parent possible pour votre enfant.

Bref, sans vous résumer entièrement cet essai, il permet : 1/ de faire un point sur sa situation 2/ d’identifier les causes éventuelles de notre burn-out 3/ de mettre en place des solutions concrètes et réalistes pour éviter le burn-out ou pour s’en sortir.

Je vous le conseille donc fortement si vous vous sentez épuisé.e par votre rôle de parent. Ou si vous voulez aider quelqu’un dans votre entourage qui vous semble en difficulté.  Je démarre en ce moment la lecture d’un autre livre sur le sujet – La Fatigue émotionnelle et physique des mères ; je vous en parlerai quand je l’aurai fini !

Burn-out parental, l’éviter et s’en sortir est dispo sur Amazon mais aussi et surtout chez votre libraire (et peut-être même à la médiathèque de votre ville).

Tu seras un homme féministe mon fils – Aurélia Blanc ♥♥♥

Lorsqu’elle découvre qu’elle sera maman d’un petit garçon, Aurélia Blanc s’interroge sur la façon dont elle élèvera son fils pour qu’il ait les mêmes valeurs (féministes) qu’elle. Je l’ai emprunté à la médiathèque car c’est un sujet qui m’intéresse grandement – j’aimerais, moi aussi, que Louison soit féministe (je rappelle que ce n’est pas un gros mot – il s’agit simplement de vouloir l’égalité entre hommes et femmes).

tu seras un homme féministe mon fils

L’autrice nous explique qu’aujourd’hui, on explique énormément aux petites filles qu’elles peuvent tout faire si elles le souhaitent : porter des pantalons et les cheveux courts, devenir astronaute, jouer au foot… Qu’il n’est pas normal d’être victime de violences de la part des hommes. Que l’égalité homme-femme est primordiale. C’est quelque chose qui est en train de changer et c’est tant mieux !

Sauf que… le problème, c’est qu’on ne fait pas la même chose avec les petits garçons. On ne leur explique pas vraiment qu’ils ont le droit de porter des jupes, de pleurer quand ils ont mal ou de faire de la danse. S’il est ok que les filles fassent “comme les garçons”, l’inverse n’est pas tout à fait vrai. Alors comment espérer que les hommes respectent les femmes si, dans leur tête, lorsqu’ils ont des comportements dits “féminins”, ils continuent à être moqués ? Si être une “femmelette” est encore et toujours une insulte ?

Bref, le travail doit se faire des deux côtés et il est indispensable qu’on permette aux garçons d’être qui ils veulent être, sans les enfermer dans des moules “virils”. Qu’ils puissent exprimer leurs émotions sans qu’on leur dise qu’ils n’ont pas le droit de le faire. L’idée n’est pas de les forcer à jouer à la poupée ou à porter du rose s’ils n’en ont pas envie, mais qu’ils en aient la possibilité si tel est leur désir.

Qu’ils puissent se sentir libres, aussi, d’exprimer leurs préférences sexuelles sans crainte, le moment venu – combien de fois entend-on demander à un garçon s’il a une amoureuse ? (et jamais s’il a un amoureux) Ou, quand on voit deux bébés de sexe opposé jouer ensemble, pourquoi se sent-on obligés de dire “oh le séducteur, ils sont amoureux” ; laissant croire que tout rapport homme-femme est forcément un rapport de séduction, jamais amical ? Même si ce n’est pas fait méchamment, il est important de réfléchir à la portée de ce type de discours.

Sans donner de recette magique, le livre nous montre comment, parfois, on peut être conditionnés. Même avec les meilleures intentions du monde, on est tellement empreint de notre éducation au sein d’une société patriarcale qu’il est difficile de changer son schéma de pensée. Aurélia Blanc propose également pas mal de ressources – livres, podcasts, blogs – pour creuser et continuer son cheminement.

Ça se lit très facilement, et c’est un vrai bon point de départ pour réfléchir à la façon dont on éduque nos garçons ! Je le conseille à tous les (futurs) parents de petits garçons mais pas que : on est tous amenés à fréquenter des enfants parfois et si ça peut nous éviter de commettre des impairs…

Tu seras un homme – féministe – mon fils, dispo chez votre libraire (et peut-être à la médiathèque)

Dans la combi de Thomas Pesquet – Marion Montaigne ♥♥♥

Sans transition aucune : une BD !

J’aime beaucoup Marion Montaigne et en fouillant dans le rayon BD de la médiathèque, je suis tombée sur sa BD consacrée à Thomas Pesquet.

dans la combi de thomas pesquet

On y découvre tout le parcours de l’astronaute – ses études, tous les tests passés pour être sélectionné, l’attente avant la première mission, et la mission dans la station spatiale internationale en elle-même.

C’est HYPER intéressant ! Je ne suis pas passionnée d’astronomie, et l’idée même de partir dans l’espace me donne envie d’avaler un Xanax et de me rouler sous la couette. Mais malgré ça, j’ai adoré lire cette BD – Marion Montaigne étant très drôle, ça aide.

Spoiler alert : être astronaute, ça a l’air super chiant, en fait ^^ Des années de préparation, des tonnes de choses à apprendre (le Russe, comment aller aux toilettes dans l’espace et des trucs hyper techniques), des tests physiques extrêmement exigeants. Et puis, une fois dans la station spatiale internationale, des expériences à mener. Les mecs ne sont pas là pour prendre des photos de la terre et les poster sur Instagram – ils sont avant tout là pour bosser ; le reste, c’est du bonus s’ils ont travaillé vite. Dans un endroit confiné. Et dangereux. Où on mange mal. (au secours)

Bref, c’est vraiment une très chouette lecture pour découvrir ce que vit un astronaute, le tout en rigolant beaucoup. Elle date un peu donc vous risquez le doublon mais je trouve que c’est une bonne idée cadeau pour un anniversaire ou Noël, qui plaira autant à votre tonton de 60 ans qu’à votre nièce de 16 ans.

Dans la combi de Thomas Pesquet, dispo chez tout bon libraire (et dans toute bonne médiathèque) :)

Voilà, cette looongue chronique lectures est terminée, j’espère qu’elle vous aura inspiré.e.s.

Comme dit plus haut, j’ai commencé La Fatigue émotionnelle et physique des mères, j’ai toujours “Préférer l’hiver” en cours (lecture un peu trop exigeante pour moi en ce moment), et j’ai aussi démarré plusieurs BD en parallèle que j’espère terminer un jour.

Et vous, vous lisez quoi en ce moment ?

Burn-out parental, élever un garçon féministe… et astronomie
6 commentaires

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  • Marion MORA CRESP

    Hello Juliette,

    Un des conseils les plus utiles et intéressants que j’ai eu à ce sujet me vient de ma TV, en vrai d’une série Netflix (par ailleurs excellente) malgré le titre niais Super Mamans. Et donc l’un des personnages glisse doucement mais sûrement dans l’alcoolisme pour cause d’un burn out parental qui ne dit pas son nom (quand on voit sa journée, on la comprend). Bref, et du coup l’ex-voisin dealer de l’héroïne (trop long à expliquer mais c’est un dealer qui s’occupe du service après vente si on peut dire et qui se rachète en coachant ses anciens clients), intervient pour la désintoxifier du chardonnay. Bref il lui dit en gros que c’est normal qu’elle tombe dans une addiction parce qu’elle n’a pas son “truc”. Elle implose parce qu’elle ne fait rien pour elle, elle est toujours dans l’anticipation, le contrôle, l’efficacité. Elle n’a pas un truc qui lui permette de se défouler, de s’évader, un truc gratuit, sans but précis, et inutile foncièrement. Elle s’inscrit à un atelier de danse dans le noir pour se défouler. D’ailleurs je ne te cache pas que cela m’a fait envie. Bref c’est très mal raconté et bien plus drôle dans la série mais depuis je me dis que chacun.e doit avoir son truc auquel tu te tiens (cela peut être un run si t’aimes le sport, un apéro hebdo entre copines, un séance de ciné, un cours de macramé..). Voilà pour ma petite contribution à ce vaste sujet !

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  • chouettes chroniques littéraires Juliette ; je note les références : )
    puisque tu es dans le féminisme as-tu lu la BD de Kris chez Futuropolis (souvent gage de qualité !): “Violette Morris” ? c’est l’histoire (vraie) d’une femme qui au début du siècle a, entre autre chose, bousculé les codes et les gens dans le monde su sport …!

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  • Coucou
    Je note le second livre pour un cadeau éventuel pour une amie mère d’un garçon!
    La BD de Marion Montaigne je l’ai lue et j’aime d’ailleurs toutes ses BD !
    Xx

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  • Coucou,
    Je n’ai pas d’enfants, mais je trouve riches les réflexions de Titiou Lecoq sur l’éducation des garçons. Par exemple :
    https://www.girlsandgeeks.com/2017/12/05/content-pas-content/

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  • Merci Juliette, très intéressant.
    Surtout avec un bout de chou de 8 mois.
    Bises de nous 4 😊

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  • Concernant l’espace et la préparation des astronautes, le film “Proxima” d’Alice Winocour est aussi bien documenté… et en plus, dans cette histoire l’astronaute est une femme, maman d’une petite fille.

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