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Trois livres, trois autrices

Après une (trop) longue pause, j’ai enfin retrouvé le chemin et le goût de la lecture (j’essaie de laisser mon téléphone dans une pièce éloignée, ça aide pas mal !). Aujourd’hui, ce sont trois autrices que je mets à l’honneur, sur des sujets et dans des styles bien différents, mais qui m’ont toutes les trois touchée.

Je n’ai plus l’habitude de parler de mes lectures et j’ai peiné à trouver les bons mots pour ces critiques : j’espère vous donner envie de découvrir quand mêmes ces ouvrages :) L’écriture, c’est comme le vélo, ça ne s’oublie pas mais il faut parfois retrouver un peu son équilibre ^^

Un cancer pas si grave – Géraldine Dormoy ♥♥

J’avais été bluffée par ses récits publiés sur le site de l’Express (ici) quand elle a annoncé son cancer – c’est avec beaucoup d’émotion et de bonheur que j’ai retrouvé son style ciselé dans son livre-témoignage.

un cancer pas si grave

Sous forme de carnet de bord, de journal (presque) intime, Géraldine Dormoy raconte la découverte de sa maladie (un cancer du sein, heureusement détecté suffisamment tôt), l’impact de celle-ci sur sa vie professionnelle, de mère, de couple.

Son cheminement et la façon dont elle a souhaité aborder la maladie, véritable catalyseur d’un changement profond vers plus de justesse et de bienveillance envers elle-même.

Elle n’omet rien – ses compulsions alimentaires, sa sexualité, son rapport à son corps. J’ai ri, été émue, et ai essayé d’en tirer du courage pour ma propre transformation.

J’ai forcément eu une lecture biaisée du livre – je l’ai dévoré juste après ma guérison. Mais je le trouve plein d’optimisme et très intéressant à lire pour avoir une vision différente d’une maladie encore tabou.

Merci Géraldine pour ta force qui, sans qu’on se connaisse, m’a soutenue pendant toute cette épreuve.

Un extrait : “Une femme en cure post-traitement témoigne à l’écran (…). Son regard est triste, sa mine contrite, on entend des violons en fond sonore. Ce pathos me répugne. C’est exactement l’image du cancer que je rejette. Mais qui suis-je pour en juger ? Je n’ai pas perdu mes cheveux, je n’ai pas encore été brûlée par la radiothérapie. Une fois dehors, nous échangeons nos impressions. Pas une fille du groupe ne se reconnaît dans l’attitude de la femme présentée. “Bouge-toi, meuf, t’es pas morte”, résume la plus jeune d’entre nous.”

Un cancer pas si grave, dispo sur Amazon ou, beaucoup mieux, chez votre libraire de quartier ;)

Mamas, Petit précis de déconstruction de l’instinct maternel – Lili Sohn ♥♥

Je suis Lili sur Instagram depuis un bon moment, j’étais admirative de son combat contre son cancer du sein. Elle fait partie des femmes inspirantes grâce à qui j’ai décidé d’aller me faire dépister quand j’ai eu des doutes sur mon propre état de santé, et je la remercie infiniment pour ça ♡

mamas lili sohn

Cette fois-ci, elle revient en BD nous parler d’un autre sujet certes moins dramatique mais tout aussi complexe : la maternité.

À l’annonce de son cancer, elle a soudain ressenti le besoin urgent de devenir mère. Elle a alors décidé de s’interroger sur les origines de cette envie. L’instinct maternel existe-t-il ? Est-ce hormonal ou est-ce la pression sociale qui fait naître ce besoin d’enfanter ? Et comment concilier féminisme et maternité ?

Elle évoque aussi la suite des événements… Une fois qu’on est mère, comment ça se passe ? Répartitions des tâches, fatigue, culpabilité : tout n’est pas aussi rose que sur la couverture (tellement jolie dans ma bibliothèque ^^).

C’est intéressant et éclairant, c’est frais et décomplexé : j’ai dévoré cette BD !

C’est une excellente manière de défricher le sujet, de se déculpabiliser aussi et de s’interroger sur sa propre maternité. J’y ai retrouvé des réflexions déjà découvertes il y a longtemps dans le livre d’Elisabeth Badinter sur l’instinct maternel, mais en plus concis et bien plus fun ;)

Je la conseille sans hésiter à celles qui s’interrogent sur leur désir d’enfant ; aux mères qui culpabilisent de ne pas s’épanouir à 100% dans leur maternité ; aux pères aussi, désireux de comprendre ce qu’une femme traverse lorsqu’elle devient mère. Un peu à tout le monde en fait !

Merci Lili, pour ça et aussi pour toutes tes autres BD, tellement importantes pour les femmes.

Un extrait : “Parce que je dois le dire, ce rôle de maman, cette responsabilité ne me plait pas toujours. Je trouve ça rude ! Mais j’ose pas le dire parce que je crois que j’ai en tête un idéal de “mère parfaite” dont je n’arrive pas à me défaire.”

Mamas, dispo sur Amazon mais avant tout chez votre gentil libraire.

Certaines n’avaient jamais vu la mer – Julie Otsuka ♥♥

Ce livre m’a été offert par une lectrice il y a pas mal d’années et, honte sur moi, je n’avais pas encore pris le temps de le lire. C’est chose faite désormais et c’était vraiment un très bon choix de cadeau !

certaines n'avaient jamais vu la mer

Dans ce roman très singulier (et inspiré de faits réels), Julie Otsuka conte l’histoire d’immigrantes japonaises arrivées aux Etats-Unis au début du XXème siècle. Elles ont tout quitté et ont pris la mer pour venir épouser des Japonais déjà installés ici qu’elles n’ont vu qu’en photo et qui leur ont promis une bonne situation.

A leur arrivée, la réalité est toute autre – les maris sont plus vieux, moins beaux, et surtout beaucoup plus pauvres. Commence alors une vie de labeur aux champs, de violence, de déception, dans un pays qui ne veut pas d’elles, auquel elles ne comprennent pas grand chose. Au fil du temps, pour les plus chanceuses, la situation s’améliore un peu, jusqu’à ce que survienne la guerre, les contraignant de nouveau à l’exil.

Ce livre est surtout très particulier de par le style de l’autrice. Il n’y a pas d’héroïne, tout est écrit avec le pronom “Nous”. Un “Nous” qui montre la souffrance partagée, l’ampleur de cette douleur, peut-être aussi la solidarité entre ces femmes. Mais qui raconte, malgré tout, la diversité et l’unicité de ces milliers de destins.

J’ai beaucoup aimé le rythme de ce livre, j’ai adoré découvrir ce pan de l’Histoire qui m’était inconnu. Mon seul reproche serait peut-être sa longueur : le style est si particulier qu’à la longue, je m’en suis un peu lassée. J’ai été néanmoins vraiment touchée par toutes ces femmes – un livre qui nous rappelle, à sa manière, l’importance de la sororité.

Un extrait : Nous avons accouché sous un chêne, l’été, par quarante-cinq degrés. Nous avons accouché près d’un poêle à bois dans la pièce unique de notre cabane par la plus froide nuit de l’année. Nous avons accouché sur des îles venteuses du Delta, six mois après notre arrivée, nos bébés étaient minuscules, translucides, et ils sont morts au bout de trois jours. Nous avons accouché neuf mois après avoir débarqué de bébés parfaits, à la tête couverte de cheveux noirs. Nous avons accouché dans des campements poussiéreux, parmi les vignes, à Elk Grove et Florin. (…) Nous avons accouché l’année du Coq. Nous avons accouché l’année du Chien, et du Dragon, et du Rat. (…) Nous avons accouché de tant d’enfants que nous avons vite perdu le compte des années.”

Certaines n’avaient jamais vu la mer, sur Amazon ou chez votre libraire tellement plus cool qu’un site internet.

J’espère que ces chroniques vous auront inspiré.e.s. De mon côté, je suis en pleine lecture d’un livre sur le burn-out parental, et je découvre en parallèle le roman Préférer l’hiver d’Aurélie Jeannin. À très vite !

Trois livres, trois autrices
12 commentaires

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  • Je viens justement d’écouter un podcast bliss stories sur Lilisoshn

    répondre

  • Coucou ! On peut dire que tu n’as pas perdu ta jolie plume, ta façon de résumer les livres donne tellement envie de les lire! Le premier, c’est déjà lu et tellement aimé :) Le deuxième j’espère l’avoir dans mes mains pour la St Valentin…? Et le troisième, merci pour la découverte!
    Bien à toi!

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    • Merci beaucoup Marie-Marthe, c’est très gentil :) J’espère que tu seras exaucée pour la Saint Valentin ;)

      répondre

  • ahah c’est marrant, j’ai lu le dernier et malgré le fait qu’il était très court, ça a été un vrai chemin de croix, je n’ai pas du tout accroché au style ! Les gouts et les couleurs… ;)
    Par contre tu m’as beaucoup donné envie de découvrir les deux premiers, merci ! Et vive le retour des chroniques littéraires :)

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  • Laëtitia Blandin

    Merci pour ces découvertes que je ne connaissais pas du tout !

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  • Merci pour ces review!
    J’ai lu le Otsuka il y a quelques temps et ce livre m’a assez marquée aussi malgré le style particulier en effet, qui ne permet pas énormément l’attachement à l’histoire et aux personnages.
    Une remarque par contre: tu dis dans ton article que les Japonaises arrivaient aux USA pour épouser des Américains mais il me semble qu’elles venaient épouser des Japonais qui avaient émigré avant elles. Il n’est pas du tout question de mariage mixte mais bien d’une communauté entière japonaise qui se retrouve finalement ostracisée et déportée hors du territoire américain au moment où la guerre USA-Japon éclate en 1941. C’est là tout le drame de cette tranche d’histoire américaine qui a été complètement occultée.
    Je recommande aussi cette lecture qui est très belle et atypique par sa dimension de récit collectif. Le style est lyrique et parfois presque musical, c’est superbe!

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    • Merci beaucoup Bertina, tu as raison de signaler mon erreur, je corrige de suite ! Elles communiquent tellement peu avec leurs maris que j’étais persuadée qu’ils étaient Américains… (je mettrais bien ça sur le compte de la fatigue mais en vrai, j’ai une réelle méconnaissance de cette partie de l’histoire… j’ai un peu honte).

      C’est vrai que le style rend le tout assez impersonnel, c’est à la fois très puissant tout en maintenant une distance avec les personnages, on ne s’y attache pas mais ça prend quand même aux tripes.

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  • Merci pour ces jolies découvertes littéraires

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